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LE NOUVEAU MONDE DE KEVIN LE CUNFF

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Passer Pro à 28 ans, ce n'est pas si souvent que cela arrive, mais il n'est quand même pas le premier à gouter a cette expérience tardive. D'autres avant lui se sont offert une belle revanche sur leur manque de précocité. Jean-Christophe Péraud, second du tour de France 2014 à l'âge de 37 ans en est un exemple criant. Pour Kévin Le Cunff, la vie est belle de toute façon. Et puis, quitter la réserve amateur d'Auber 93 pour rejoindre le groupe HP-BTP auber 93 de Stéphane Javalet, c'est somme toute d'une logique imparable. Dimanche 29 janvier 2017, en début d'après-midi, Kévin et son stress compréhensible ont pris le départ du Grand Prix de la marseillaise, ouverture habituelle d'une nouvelle saison en France. Pour lui, c'était le grand jour, évidemment, le jour dont il a tant rêvé. Sans doute que sa salive séchait au fond de sa gorge, mais le début d'une belle aventure pouvait inévitablement commencer. Pour se retrouver là, il en a fait du chemin le petit Kévin ! Il a du souffrir aussi au travers de nombreuses blessures qui l'ont sans doute empêché de découvrir ce nouveau monde un peu plus tôt. Mais Kévin Le Cunff, malgré tout, c'est du solide ! Bon cyclo cross man et vététiste pendant longtemps, il a fait de la route son objectif principal, avec là encore un peu de retard à l'allumage. En vérité, il n'a fait que suivre son guide, lui même, préférant le fun au pragmatisme, et le plaisir à l'obligé ... A présent, sa route tracée est celle d'un technicien de l'industrie aéronautique qui a sollicité un congés sabbatique, pour vivre une vie un peu plus sympathique. Où est le hic ? Il n'y en a pas ! Il file sur le fil du bonheur d'un sportif enfin accompli. Je sais que ce garçon a un talent humain d'abord, proche des gens, amical et à l'écoute. Il prouve aux sceptiques, aux jaloux, et aux incrédules, que sur son vélo  il a également le talent et la finesse de son esprit sain. Il est déjà loin ce jour de septembre 2010, lorsque assis à mes côtés, au 3/4 de la côte d'arrivée d'Epinay sur orge, nous regardions se dérouler l'épreuve organisée par mes amis de l'AS Corbeil-Essonnes. Ce jour là, nous avions évoqué la saison écoulée. Une saison que nous devions passer ensemble à Marcoussis, mais qu'un de ses genoux récalcitrant nous avait contraint de ranger au placard. Le doute était alors au rendez-vous. Heureusement, la chance à tourner. Cette épée injustement placée au dessus de sa tête, allait disparaître petit à petit pour que ses suppliques soient entendues. Pro en 2017 ? Kévin a défié tous les pronostics possibles. Il y a seulement deux ans en arrière, peu de gens aurait parié dessus ! Alors, il va, il doit s'éclater dans un rôle de découvreur, un rôle qui lui va si bien. Kévin Le Cunff mérite d'être là. - Passe les plus beaux moments que tu puisses imaginer mon pote !

 

 Un petit questionnaire pour Kévin :

1) Il y a cinq ans pensais-tu te retrouver sur la ligne de départ d'un Grand Prix de la marseillaise ? Absolument pas ! Je n'avais jamais gagné une première caté. J'ai repris le vélo pour le plaisir ...

2) Ton contrat s'étale sur quelle durée ? Mon contrat est d'un an seulement. A moi d'apprendre vite le métier, et de montrer que je suis à la hauteur. 

3) Et maintenant, quelles sont tes ambitions ? Gagner une classe 1, ce serait le top ! Une manche de coupe de France, pour l'équipe, et pour moi même, ce serait génial !

4) Comment as-tu gérer ta situation professionnelle établie par rapport à ton contrat cycliste ? J'ai pris une année sabbatique à la SNECMA. Si je fais une bonne saison, ça devrait évoluer.

5) Comment t'imagines-tu en 2020 ? Soyons fous ! En 2020, je me vois en continentale pro. Je ferai un grand tour dans l'année ...ou sinon, je serai à l'usine, mais j'aurais tout donné pour réussir dans le sport que j'aime.

*Il y a des histoires qui méritent de finir bien. Celle-ci me semble en faire partie. D'abord parce que Kévin Le Cunff est avant tout un type bien, que ça n'a pas toujours été facile pour lui, et que contrairement à beaucoup de champions imaginaires, il a entre les mains un vrai métier. La force est souvent issue de la difficulté. Je sais par où il est passé. Impuissant devant ses problèmes physiques. Impuissant face à des médecins qui ne savent plus quoi lui dire pour le consoler. Il a faillit passer à côté, alors maintenant qu'il est là, tant qu'il le pourra, il restera chez les pros !