UN SOIR D'OCTOBRE

C'est juste un soir d'octobre ! Dans une jolie maison de campagne, non loin d'Auxerre, la ville qui fait battre mon cœur plus fort. Je suis chez un ami, un de ces hommes qui offre l'hospitalité plus facilement que d'autres. Il sait bien quand j'ai un grand besoin de taquiner ma souffrance invisible. Il sait bien qu'il faut parfois se taire pour mieux se comprendre. Je le remercie pour ça ! Accoudé à la fenêtre donnant sur la rue, je regarde des âmes passer. Certaines semblent inutiles, d'autres volontaires, et puis il y a celles qui planent au dessus de la mêlée. Je me souviens d'une phrase qui me rappelle cet instant de vie : "Dans ton existence, comme dans la rue, tu n'empêcheras jamais les gens de passer ..."  C'est tellement vrai ! 

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Je sens bien que mon ami s'inquiète pour moi. Il ne me quitte plus des yeux. Il a peur que je m'égare dans ce trou béant qui m'attire parfois. Les heures défilent dans la lumière des néons que les papillons envahissent à foison. Je ne sais plus quelle heure il est. Je ne sais plus vers quel jour nous allons. C'est la nuit, la vraie, celle qui imbibe nos idées d'un charbon opaque. Il y a souvent dans ce genre de soirée un coup de génie qui chamboule les données. Un mec ou une nana qui fait le show. Quelques verres qui se cachent derrière d'autres verres. Les moments de silence deviennent alors si bruyants qu'ils nous étourdissent. Cette fois-ci, c'est ce brave Henri qui se dévoue. Après quelques mélanges alcoolisés, il décide de raconter des histoires que personne n'écoute. Je reste devant la fenêtre. Je me fous de ses histoires à dormir debout. A mes côtés, Pat pose sa main sur mon épaule. Il sait que je sais ce qu'il pense. Ce geste n'a l'air de rien, mais il est celui qui une fois encore me permettra d'éviter le pire. Je me sens à la fois coincé derrière des barreaux, et libre comme un oiseau ... quelle drôle de sensation !

Eh non, on ne peut pas empêcher les gens de passer ...

Au bout de la rue, j'entends un jeune hurler sa haine. Probablement a-t-il trop bu, lui aussi, pour oublier des choses, peu importe lesquelles. Derrière mes barreaux, d'ici à l'horizon si lointain, il y a probablement quelque part, encore une raison d'espérer aimer la vie. Sinon, pourquoi y aurait-il autant d'espace ?

C'est l'heure d'aller dormir paraït-il. Je n'en ai aucune envie J'ai juste envie que l'on me laisse tranquille. Que l'on me laisse attendre demain. Un autre jour d'octobre.