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LA NOUVELLE ANNEE SANS EUX

2018 est là ! Mathieu Riebel et Greg Somogyii ne sont plus ...

Ils resteront à jamais parmi les plus grandes pertes du cyclisme en 2017. Les plus grandes injustices de la vie tout simplement. Mais bien entendu aussi, un vide immense et irréparable pour leurs proches, familles et amis. Alors, je ressors ma plume pour un hommage à nos disparus, sans aucun effleurement de profit, ni recherche de retour particulier. Ce texte peut s'offrir à tous ceux qui nous ont quittés trop jeunes. Je suis concerné comme vous tous. La vie, c'est aussi la mort ...

 

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J'ai mis mon costume le plus sombre. Je suis là devant cette boite qui avance sous les bras musclés des porteurs. Je les regarde passer. Je ne comprends pas encore que le reste de notre temps se fera sans vous. J'ai même oublié l'accident, les accidents. J'ai surtout tenté d'oublier le pire. Je ne me souviens que de vos sourires, de vos mots, de vos talents. Je n'ai rien d'autre à vous offrir. Seulement les souvenirs d'une image indélébile. Votre image. Pourtant, je sais bien que derrière ce paravent de bois, il y a vous. Allongés pour une sieste interminable. Jeune fou et gentil à la fois. Père, fils ou mari d'elle. La nuit s'étend de ses grandes jambes noires. Les processions me font frémir jusqu'aux os. La lumière des phares de voitures me rappelle que l'hiver est difficile à vaincre. Souvent, dans la détresse, les gens se rassemblent. Ils forment une union indivisible. Le cœur parle doucement aux oreilles de ceux qui souffrent. Peu importe. La lune a envie de partager sa luminosité. Des dossards figés dans nos esprits et des effluves d'huiles de massage. Des supporters et des fans. Des amoureux qui se bécotent sur un banc sans penser à mal. Des pleureuses qui ne le font plus exprès.

L'année 2018 restera la première sans vous. Sans vous Mathieu et Greg. Et sans tous ceux qui ont quitté la route loin de la préméditation. La surprise nous a laissé des blessures en feu. Pour éteindre ces flammes, il faut continuer de croire que penser est déjà un remède. Les parents sont fatigués. Les proches sont usés de semer des larmes sur leur passage. Devant, il y a tout de même le besoin de les aimer encore. Parce que l'on peut aimer un silence, une chaise vide, ou un écho du passé. Parce que l'on peut aimer le vécu pour en faire une force du futur. Les champions n'existent plus. Ils ont laissé leur place à des hommes jeunes et libérés par leur destin. Nous devons respecter ce destin par une souffrance digne. Par des hommages permanents. Les blessures ne se referment jamais vraiment. Je pense d'ailleurs qu'elles ne doivent pas se refermer. Elles doivent nous guider vers une sorte de respect indémodable. Mathieu et Greg, il y a un élan communicatif. C'est peut-être une forme d'immortalité. C'est en tout cas une façon de vaincre l'oubli de vous.