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MICHAEL SABOURIN EN TOUTE SIMPLICITE

- Non, je ne me vois pas comme un artiste !

L'impression personnelle que peut avoir un homme sur lui-même, et la vision que l'on peut en avoir vu de l'extérieur, sont bien souvent différentes. Michael Sabourin est un amoureux des voitures anciennes (celles d'avant 1960). Il est également un peintre reproduisant magnifiquement ses ressentis visuels ou profonds. Ses portraits de coursiers notamment. Ils font fureur auprès de ses collègues du vélo, et ils accompagnent son plaisir de faire plaisir autant que celui de colorer la toile. Pour moi, il a donc tout d'un artiste, même s'il n'en est pas vraiment convaincu, ne se satisfaisant probablement pas du sens étymologique du terme. Il possède des voitures qui font rêver. Dans son grand et nouveau garage, il y a de la citrine trèfle de 1923, de la 2cv 1957, en passant par la merveilleuse traction que tout le monde lui envie. A 41 ans aujourd'hui, (il est né le 6 mars 1977 à Montereau), il pratique toujours le cyclisme en 3ème catégorie, et il aime ça. Mais il sait joindre l'utile et l'agréable : - lorsque je vais courir en campagne, dans des coins reculés, je jette toujours un œil dans les granges environnantes. Et parfois je me dis en scrutant l'une d'entre elles : ça sent la voiture ancienne !

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Mika Sabourin, avec son beau maillot Peltrax. Le club de Dammarie les Lys. 

 Michael est sapeur-pompier de Paris. Il est militaire et réside à la caserne de La Courneuve dans le 93. Sergent-Chef ! "Chef" comme on dit avec humour dans la 7ème compagnie de Chaudard alias Mondy, dans un film d'anthologie de la fin du 20ème siècle. Il est toujours célibataire, et plutôt occupé. Sapeur-pompier, c'est un sacerdoce. : - J'ai un beau métier. Il m'a appris la rigueur, le dévouement et la modestie. L'esprit d'équipe lors des interventions est très fort. Notre devise : "Sauver ou périr" résume la volonté de notre corporation. La moyenne d'âge est de 25 ans, alors par la force des choses, je reste jeune dans ma tête.

Sa tête ? Il la garde sur les épaules en toutes circonstances. Ses parents lui ont inculqué des valeurs saines : - Rester humble et honnête. Etre heureux de ce que l'on a gagné dignement. Pas de frime. Pas d'exubérance. Pas de prétentions. Voilà ce que mes parents m'ont offert en guise d'éducation ! Et puis il y a ma petite sœur. Elle m'a toujours suivi pour le vélo et a toujours une petite phrase pour me remettre en question. A ma question justement, que penses-tu faire dans dix ans ? Sa réponse est l'empreinte de la sérénité : - Toujours pompier peut-être, mais pas sûr. J'ai beaucoup de projets en magasin. Un retour aux sources comme paysagiste ? Pourquoi pas ! Un projet d'aide à la personne ? Pourquoi pas ! Serai-je encore sur le vélo, ou bien pas très loin dans une voiture suiveuse ? Pourquoi pas ! Ou  tout simplement pompier sur les courses cyclistes ? Pourquoi pas !

Il n'évoque pas le côté peintre de son personnage attachant, mais je suis persuadé que ce morceau-là de son imagination est tout de même bien présent dans son esprit. Il m'en touche un mot quand même,  notamment pour exprimer son admiration pour Hugo Hofstetter et Jérémy Maison, deux coureurs professionnels qu'il a reproduits de belle façon, sur deux toiles colorées et très artistiques.

 

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Mika et ses peintures. Une belle partie de sa vie. 

 

Pour Michael Sabourin, bien évidemment, le cyclisme reste un pan de mur important dans la maison de son équilibre. Il en parle avec délectation, et avec un certain recul. Probablement le recul de l'homme tranquille et serein. Il n'est pourtant pas toujours d'accord avec ce milieu cycliste, qui à son goût ne respecte pas toujours ses coureurs : - parfois j'ai le sentiment que les commissaires nous manquent de considération. On se fait engueuler !  Mika déplore également que les filles soient mal représentées : - J'aimerais bien que le cyclisme féminin soit plus à l'honneur. Je n'aimerais pas être une fille et avoir envie de faire du vélo ... Toujours une pensée pour les autres ! - Chez les pros, j'admire les jeunes talents qui redonnent un souffle nouveau au cyclisme. Chez nous dans les catégories régionales, je ne comprends pas ceux qui freinent dès le mois de mars pour ne pas marquer de points ! Le vélo est une grande famille. J'ai trouvé chez Peltrax une envie nouvelle de faire de la compétition. Des règles, une éthique. Une équipe. Un encadrement. Je me fais plaisir. Quand je le peux j'aide les jeunes, même si je ne suis pas contre faire un résultat moi-même ...

Michael Sabourin est un mec bien comme on dit. Son côté "artiste", le mot qu'il n'aime pas entendre lorsque l'on parle de lui, c'est pourtant celui pour lequel il m'a donné envie d'écrire ce petit article. Peindre, reproduire de belles choses, parfois avec humour, je trouve que ça lui va bien. Le cyclisme est pour lui un bel outil de partage. Le partage et la reconnaissance, c'est justement ce dont il a besoin. Lui-même est un grand spécialiste, puisque chez les pompiers, c'est avant tout l'aide à la détresse de l'autre qui prime.

Faire une bonne saison cycliste, de belles peintures, être fier d'être pompier, et trouver de nouvelles vieilles bagnoles au fin fond des patelins, c'est tout ce que l'on peut lui souhaiter. Le vélo, c'est une belle idée pour s'offrir une bouffée d'oxygène. Le reste suivra.