SANDRINE BIDEAU, LE GOUT DES BONS MOMENTS
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ANNE-LYSE, GREG'S BLUES
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SANDRINE BIDEAU, LE GOUT DES BONS MOMENTS

 

Mardi 8 mai 2018, l'été est en avance dans la campagne de seine et marne, comme ailleurs. Sous le soleil de Presles en Brie, une bonne quarantaine de cyclistes féminines se disputent une belle épreuve en deux épisodes C'est Elodie Lollierou de l'UVCA Troyes qui remporte le classement général final, mais Sandrine Bideau fait également partie des coursières en vue du jour, et se classe 4ème.

 

                                                                                                        Sandrine BIDEAU  (CM Aubervilliers 93)L’image contient peut-être : une personne ou plus et plein air

 

Licenciée au CM Aubervilliers 93, Sandrine est une jeune femme sympathique et pleine d'humour. Suivie de près par son ami et entraineur Gérald Monnier, elle s'est bien battue tout au long du circuit brulé par une température un peu rebelle pour faire des efforts violents. Pas de soucis, la banlieusarde est rompue à la compétition depuis quelques années déjà. Elle a débuté il y a 20 piges, alors que ce n'était qu'un bout de chou de 9 printemps.

Née le 12 avril 1989 au Blanc Mesnil, elle flirte toujours avec le 93 depuis ce jour. Après avoir vécu pendant 28 ans chez papa maman, elle s'est acheté un appart à Livry Gargan, avec ses économies. Depuis 2013, elle a trouvé un CDI de 28 heures/hebdo, chez Octo Technologie. Elle y trouve son compte puisqu'elle s'y sent bien et a le temps nécessaire pour s'entrainer.

 - J'adore mon boulot, et mes collègues sont les meilleures qui soient ! J'ai de la chance ... merci ma sœur !

Depuis ses débuts dans le cyclisme, Sandrine active son sens du bonheur de vivre. Partout où elle est passée, elle s'est fixée pour objectif d'être heureuse et de prendre du plaisir. - Rire et ne pas se prendre la tête, c'est ça la vie !

De l'ECA en 98 à Auber en 2018, il y eut Epinay, Neuilly sur marne, ESGL (Equipe UCI-GSD gestion), Puteaux, Bondy (Vienne Futuroscope), et Montrichard (DN centre). Toujours du plaisir et de belles rencontres.

Sa meilleure saison ? 2012 ! 11ème d'une coupe du monde à Plouay s'il vous plait ! Sélectionnée en équipe de France pour le mondial !

En fin d'année, une double fracture du bassin met un coup d'arrêt à sa positivité. Elle effleure alors le côté négatif de l'activité sportive ... les risques de blessure ! Pourtant, sa bonne humeur naturelle l'empêche d'en retenir le pire :

- Je garde les bons moments en moi. Partout, dans chaque club, au fil des années, j'ai pris le meilleur et je me suis délectée des instants inoubliables. Comme dans la vie. Quand j'ai appris que ma sœur attendait son premier enfant par exemple. Ce fut un immense bonheur. Aujourd'hui je suis Tata deux fois. C'est vraiment une des plus belles choses de ma vie !

Même si en 2016 elle se fait percuter par une voiture (celle du médecin) lors des championnats de France à Vesoul. Même si dans ses souvenirs sombres et plus lointains, elle a en mémoire cette fissure du bassin (déjà) lorsqu'elle n'est qu'une junior pleine d'espoirs. Même si l'après-Vesoul fut un long chemin douloureux au point d'avoir envie de tout abandonner. Quatre mois de doutes. Déçue, désespérée, plus envie de rien ...

Même si toutes ces choses-là existent bel et bien, elle est prête à les laisser de côté. Finalement, elle repart de plus belle. Le vélo lui manque. Les copines, les sourires, les émotions. Tout ça doit revenir à tout prix.

Sandrine est sensible et fragile derrière cette façon d'être goguenarde. Son joli sourire dissimule probablement les traces d'une souffrance cachée. Comme la plupart d'entre nous, il lui arrive parfois d'avoir des coups de blues. Malgré cela, son côté optimiste prend toujours le dessus, et c'est heureux comme ça :

- bien sûr les coups de blues s'invitent parfois, comme les jours de décès de proches par exemple. Je pense à mes deux grands-mères notamment. Mais je suis quelqu'un de positive dans l'âme, alors je continue d'avancer ...

Sa vie d'aujourd'hui se partage entre un sport qu'elle aime et une famille qu'elle adore. Toute seule dans son appart de Livry Gargan, elle est heureuse et vit simplement. Sa passion dévorante pour le cyclisme l'empêche de s'ennuyer. Son travail l'enrichit de bonnes relations humaines. Tout est bien en place dans sa tête : - plus tard, il sera bien temps de voyager. J'aimerais voir le plus de pays possible. 

Quand elle a un peu de temps devant elle, elle aime s'évader à travers la lecture. Elle a aussi une autre passion, celle du rugby et des rugbymans :

- J'aime aller voir des matches dés que je peux !

 

 

Tu as des idoles Sandrine ? - oui ! Avant même qu'il ne soit connu, j'aimais déjà beaucoup la façon d'être de Peter Sagan. C'est toujours le cas ! Mais dans l'absolu, je suis fan de mon petit frère. C'est le plus beau, le plus fort ...

La famille, c'est l'accroche-cœur de cette jeune femme étonnamment et décidemment très positive. A tel point que pour clôturer notre dialogue amical, elle n'hésite pas à crier haut et fort :

- J'ai quand même une vie sacrément cool ! 

 Evidemment, je ne peux que lui souhaiter de rester ainsi le plus longtemps possible. De continuer à prendre le plaisir de vivre là où elle l'a trouvé. C'est à dire dans la simplicité des moments forts de la vie. L'amour du sport. L'amour de ses proches. Et son regard optimiste sur toutes les situations pour ne pas perdre la route qu'elle s'est tracée.

 


MICHAEL SABOURIN EN TOUTE SIMPLICITE

- Non, je ne me vois pas comme un artiste !

L'impression personnelle que peut avoir un homme sur lui-même, et la vision que l'on peut en avoir vu de l'extérieur, sont bien souvent différentes. Michael Sabourin est un amoureux des voitures anciennes (celles d'avant 1960). Il est également un peintre reproduisant magnifiquement ses ressentis visuels ou profonds. Ses portraits de coursiers notamment. Ils font fureur auprès de ses collègues du vélo, et ils accompagnent son plaisir de faire plaisir autant que celui de colorer la toile. Pour moi, il a donc tout d'un artiste, même s'il n'en est pas vraiment convaincu, ne se satisfaisant probablement pas du sens étymologique du terme. Il possède des voitures qui font rêver. Dans son grand et nouveau garage, il y a de la citrine trèfle de 1923, de la 2cv 1957, en passant par la merveilleuse traction que tout le monde lui envie. A 41 ans aujourd'hui, (il est né le 6 mars 1977 à Montereau), il pratique toujours le cyclisme en 3ème catégorie, et il aime ça. Mais il sait joindre l'utile et l'agréable : - lorsque je vais courir en campagne, dans des coins reculés, je jette toujours un œil dans les granges environnantes. Et parfois je me dis en scrutant l'une d'entre elles : ça sent la voiture ancienne !

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Mika Sabourin, avec son beau maillot Peltrax. Le club de Dammarie les Lys. 

 Michael est sapeur-pompier de Paris. Il est militaire et réside à la caserne de La Courneuve dans le 93. Sergent-Chef ! "Chef" comme on dit avec humour dans la 7ème compagnie de Chaudard alias Mondy, dans un film d'anthologie de la fin du 20ème siècle. Il est toujours célibataire, et plutôt occupé. Sapeur-pompier, c'est un sacerdoce. : - J'ai un beau métier. Il m'a appris la rigueur, le dévouement et la modestie. L'esprit d'équipe lors des interventions est très fort. Notre devise : "Sauver ou périr" résume la volonté de notre corporation. La moyenne d'âge est de 25 ans, alors par la force des choses, je reste jeune dans ma tête.

Sa tête ? Il la garde sur les épaules en toutes circonstances. Ses parents lui ont inculqué des valeurs saines : - Rester humble et honnête. Etre heureux de ce que l'on a gagné dignement. Pas de frime. Pas d'exubérance. Pas de prétentions. Voilà ce que mes parents m'ont offert en guise d'éducation ! Et puis il y a ma petite sœur. Elle m'a toujours suivi pour le vélo et a toujours une petite phrase pour me remettre en question. A ma question justement, que penses-tu faire dans dix ans ? Sa réponse est l'empreinte de la sérénité : - Toujours pompier peut-être, mais pas sûr. J'ai beaucoup de projets en magasin. Un retour aux sources comme paysagiste ? Pourquoi pas ! Un projet d'aide à la personne ? Pourquoi pas ! Serai-je encore sur le vélo, ou bien pas très loin dans une voiture suiveuse ? Pourquoi pas ! Ou  tout simplement pompier sur les courses cyclistes ? Pourquoi pas !

Il n'évoque pas le côté peintre de son personnage attachant, mais je suis persuadé que ce morceau-là de son imagination est tout de même bien présent dans son esprit. Il m'en touche un mot quand même,  notamment pour exprimer son admiration pour Hugo Hofstetter et Jérémy Maison, deux coureurs professionnels qu'il a reproduits de belle façon, sur deux toiles colorées et très artistiques.

 

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Mika et ses peintures. Une belle partie de sa vie. 

 

Pour Michael Sabourin, bien évidemment, le cyclisme reste un pan de mur important dans la maison de son équilibre. Il en parle avec délectation, et avec un certain recul. Probablement le recul de l'homme tranquille et serein. Il n'est pourtant pas toujours d'accord avec ce milieu cycliste, qui à son goût ne respecte pas toujours ses coureurs : - parfois j'ai le sentiment que les commissaires nous manquent de considération. On se fait engueuler !  Mika déplore également que les filles soient mal représentées : - J'aimerais bien que le cyclisme féminin soit plus à l'honneur. Je n'aimerais pas être une fille et avoir envie de faire du vélo ... Toujours une pensée pour les autres ! - Chez les pros, j'admire les jeunes talents qui redonnent un souffle nouveau au cyclisme. Chez nous dans les catégories régionales, je ne comprends pas ceux qui freinent dès le mois de mars pour ne pas marquer de points ! Le vélo est une grande famille. J'ai trouvé chez Peltrax une envie nouvelle de faire de la compétition. Des règles, une éthique. Une équipe. Un encadrement. Je me fais plaisir. Quand je le peux j'aide les jeunes, même si je ne suis pas contre faire un résultat moi-même ...

Michael Sabourin est un mec bien comme on dit. Son côté "artiste", le mot qu'il n'aime pas entendre lorsque l'on parle de lui, c'est pourtant celui pour lequel il m'a donné envie d'écrire ce petit article. Peindre, reproduire de belles choses, parfois avec humour, je trouve que ça lui va bien. Le cyclisme est pour lui un bel outil de partage. Le partage et la reconnaissance, c'est justement ce dont il a besoin. Lui-même est un grand spécialiste, puisque chez les pompiers, c'est avant tout l'aide à la détresse de l'autre qui prime.

Faire une bonne saison cycliste, de belles peintures, être fier d'être pompier, et trouver de nouvelles vieilles bagnoles au fin fond des patelins, c'est tout ce que l'on peut lui souhaiter. Le vélo, c'est une belle idée pour s'offrir une bouffée d'oxygène. Le reste suivra.

TEO BARTUCCIO "MON VELO EST UNE VIE"
Pour Téodoro Bartuccio, la vie a changé. En quelques semaines tout s'est bousculé dans son esprit. Son amour du cyclisme en général et de ses coureurs en particulier, s'est entiché d'un terrible coup de booster. Pas un coup de moins bien, au contraire, mais plutôt une envie d'aller de l'avant, pour défendre ses préceptes. Sous la forme d'une implication contre la spirale négative qui a envahi son sport, il lutte de façon active et positive. Des chutes. Des accidents. Des injustices touchant des proches ou des connaissances de son milieu tant aimé, le monde du cyclisme. Autant de raisons pour se battre avec ses armes. Pour la flamme d'un Mathieu Riebel, ou pour l'âme du tout aussi regretté Greg Somogyi. Pour que cela ne se reproduise plus avec d'autres. Des mises en scène qui font réfléchir, et des apparitions médiatiques pour faire passer son message (photo ci-dessous sur RMC). "Mon vélo est une vie", c'est l'association pour laquelle il se "chicore" chaque jour. Téo Bartuccio est un mec droit dans ses bottes. Fier de défendre les cyclistes qu'il ne peut pas et ne veut pas abandonner.
 
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Cycliste, il l'est lui-même depuis l'âge de huit ans ! - Le vélo c'est ma passion. Je n'éprouve aucune lassitude, bien au contraire. Plus je vieillis et plus j'ai envie de m'investir. Tout petit j'ai compris que c'était une grande famille. Un jour d'hiver où j'avais très froid, un coureur m'a prêté sa veste thermique pour me réchauffer, au risque d'avoir froid lui-même. Je n'ai jamais oublié cette marque de solidarité. Ce que le cyclisme m'a offert, je me dois de le lui rendre.
Pour l'amour de son sport, il serait capable de soulever des montagnes. Il sait qu'il ne peut rien faire tout seul : - Je remercie du fond du cœur toutes les personnes qui m'ont soutenu afin que je réussisse à mener à bien tout ce que j'entreprends. Ces personnes se reconnaîtront ... Elles m'ont donné beaucoup de force pour faire ce que je fais aujourd'hui.
Téo Bartuccio a besoin de se battre. Pour la mémoire de son coureur d'abord. Mathieu Riebel était comme son fils : - J'ai beaucoup de mal à accepter le décès de Mathieu. J'ai beaucoup de chagrin. 20 ans, ce n'est pas un âge pour mourir ! 
Téo a décidé de mettre entre parenthèses sa qualité de coach du VCA Le Bourget, afin d'avoir plus de temps pour son association œuvrant pour la sécurité des cyclistes de tous genres. C'est bien sûr tout à son honneur. Il a même repris la compétition avec l'espoir de lever les bras au ciel en guise de victoire, pour envoyer un signe à son Mathieu qui lui manque tellement. Il y a en Téo Bartuccio une volonté indéfectible d'aider les autres. C'est à la fois beau et très inspirant de respect. Il se souvient de ces stages avec la DN3 du Bourget. Il pense aussi à la 4ème place de Kévin Evenot lors d'un championnat de France espoirs sur piste. Il n'a pas oublié non plus la création du VCAB en 2006. Beaucoup de souvenirs merveilleux certes, mais qui cependant ne parviennent pas à lui faire oublier cette saison 2017 qui fut terrible pour les nerfs et sa sensibilité d'homme sain. Des larmes et du sang. Des pleures parfois contenues, mais qui resteront à jamais comme une blessure difficile à refermer.
Le cyclisme s'inspire du meilleur et du pire, comme tous les pans d'une vie ou d'une société. Chacun de ces pans seraient fiers de posséder un Téo Bartuccio pour survivre ou tenir debout. Rien n'est plus beau qu'une lutte pour être meilleur. Téo, par son action délibérément humaine, rend meilleur. Il suffit de regarder devant nous. Il suffit d'être objectif. Il suffit de souhaiter bon courage à cette association.
Le vélo a besoin de vous les amis.
 
ANNE-LYSE, GREG'S BLUES

Regarder la vie en face, sous tous ses angles. Il reste la vérité, la vraie ! L'uniformité des pensées n'existe pas, n'existe plus. Anne-Lyse Somogyi en est une preuve. Somogyi ? Oui, comme Greg son mari, son amour, son presque tout. Elle l'a perdu il y a six mois, lors d'un accident de la route. Depuis, Anne-Lyse et leur petite Lucie vivent ... malgré le vide que l'inévitable souvenir de Greg essaie de remplir. Se reconstruire après un cataclysme, c'est le plus dur des challenges. C'est celui d'une jeune femme admirable. Son joli minois est un reflet positif de ce que doit être l'être humain. A 33 ans, l'âge ou le jour doit encore faire de l'ombre à la nuit, elle se bat pour trouver la lumière. Elle se bat pour leur enfant, pour lui, mais elle espère parvenir à se battre un jour pour elle-même. Pour le moment, elle est en plein Greg'S blues.

 

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L'ile Maurice, un souvenir parmi tant d'autres pour Anne-Lyse. 

 

 - La vie continue ! C'est le cliché habituel et répété par tous ceux qui croient bien faire en la croisant au hasard de cette existence. Une existence au potentiel énorme, mais bien souvent si déroutante. Elle n'a pas besoin de la suffisance des autres, ni même de leurs compassions, mais elle souhaite la proximité de ses plus chers amis, et simplement beaucoup de temps pour atténuer ses peurs du vide. - Je me sens parfois au bord d'un précipice !  Elle, l'hôtesse de l'air, en a marre de partir loin de sa Lucie. De toute façon, elle ne peut plus y aller. En arrêt-maladie depuis deux mois, c'est bien compréhensible. Elle a un grand besoin de changer de vie, comme elle l'avait prévu avec son mari bien avant le drame. Deux à quatre fois par semaine elle se fait une bonne heure de sport, parce qu'elle en a besoin. - Si seulement ça pouvait être tous les jours. L'envie de me faire mal me fait du bien ! Pour son équilibre, pour se vider la tête, même un tout petit peu. Mais elle ne laisse jamais Lucie bien longtemps. Elle la confie à une assistante maternelle ou à sa maman parfois, pour garder le lien. Elle a du mal à abandonner ce petit bout de chou trop souvent derrière elle. Cette môme représente le miroir de Greg. Elle est tout. L'amour, le sang, le cœur qui bat plus fort. 

Anne-Lyse a remporté le duathlon de Souppes en compagnie de son ami Stéphane Le boulanger le 1er novembre dernier. Elle a cette force d'aller au bout d'elle-même. - Je veux retrouver mon niveau précédent, pour Greg. J'ai envie de hurler que je l'aime. J'ai souvent l'impression que sans lui je n'ai plus de demain. Je sais pourtant qu'il faut que je fasse grandir notre fille. Hôtesse ? Je crois que c'est fini pour moi. J'ai envie de serrer Lucie chaque soir dans mes bras. Où est-il ? Au bout du monde ? Sur la lune ? Si je pouvais je le rejoindrais n'importe où. Au-delà de mes espoirs. Au-delà de tout. Je ferai le voyage immédiatement. La lune ? Pourquoi pas ! Je dois gérer un quotidien maltraité. J'aimerais pouvoir aider les gens qui vivent ce que je vis. Je reste connectée dans le monde des vivants ... Avec ses petites phrases au couteau, Anne-Lyse nous fait ressentir sa douleur. Sa force vient juste après sa fragilité. - Je veux que Lucie vive des choses extraordinaires, comme elle en aurait vécues avec son papa ! Ecorchée vive et tendre maman à la fois, c'est sans doute la suite que doit envisager Anne-Lyse Somogyi à présent. Elle a une telle volonté. Elle veut aller au bout du bout comme dans le sport. Le Greg'S blues est là, et les mots la libèrent à défaut de la guérir : - L'hiver me torture. Je me sens seule. Il devrait être là, comme ça il n'y aurait plus d'hommage, plus de pèlerinage, plus d'écorchures, plus de fêlures. Je tâtonne. J'avance en reculant ... Il était presque tout pour moi !

Difficile de résister à ce cri du cœur. Difficile de ne pas vouloir la soutenir dans sa démarche de sportive pleine de ressources. Un jour, espérons-le, cette femme intense trouvera la paix en elle. Une nouvelle route. Pour transformer le Greg'S blues en un souvenir moins terrifiant.