MICHAEL SABOURIN EN TOUTE SIMPLICITE
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LA PHILOSOPHIE DE LEON DUMAY
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TEO BARTUCCIO "MON VELO EST UNE VIE"
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REQUIEM POUR DEUX FOUS
14/12/2017
ANNE-LYSE, GREG'S BLUES
30/11/2017


MICHAEL SABOURIN EN TOUTE SIMPLICITE

- Non, je ne me vois pas comme un artiste !

L'impression personnelle que peut avoir un homme sur lui-même, et la vision que l'on peut en avoir vu de l'extérieur, sont bien souvent différentes. Michael Sabourin est un amoureux des voitures anciennes (celles d'avant 1960). Il est également un peintre reproduisant magnifiquement ses ressentis visuels ou profonds. Ses portraits de coursiers notamment. Ils font fureur auprès de ses collègues du vélo, et ils accompagnent son plaisir de faire plaisir autant que celui de colorer la toile. Pour moi, il a donc tout d'un artiste, même s'il n'en est pas vraiment convaincu, ne se satisfaisant probablement pas du sens étymologique du terme. Il possède des voitures qui font rêver. Dans son grand et nouveau garage, il y a de la citrine trèfle de 1923, de la 2cv 1957, en passant par la merveilleuse traction que tout le monde lui envie. A 41 ans aujourd'hui, (il est né le 6 mars 1977 à Montereau), il pratique toujours le cyclisme en 3ème catégorie, et il aime ça. Mais il sait joindre l'utile et l'agréable : - lorsque je vais courir en campagne, dans des coins reculés, je jette toujours un œil dans les granges environnantes. Et parfois je me dis en scrutant l'une d'entre elles : ça sent la voiture ancienne !

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Mika Sabourin, avec son beau maillot Peltrax. Le club de Dammarie les Lys. 

 Michael est sapeur-pompier de Paris. Il est militaire et réside à la caserne de La Courneuve dans le 93. Sergent-Chef ! "Chef" comme on dit avec humour dans la 7ème compagnie de Chaudard alias Mondy, dans un film d'anthologie de la fin du 20ème siècle. Il est toujours célibataire, et plutôt occupé. Sapeur-pompier, c'est un sacerdoce. : - J'ai un beau métier. Il m'a appris la rigueur, le dévouement et la modestie. L'esprit d'équipe lors des interventions est très fort. Notre devise : "Sauver ou périr" résume la volonté de notre corporation. La moyenne d'âge est de 25 ans, alors par la force des choses, je reste jeune dans ma tête.

Sa tête ? Il la garde sur les épaules en toutes circonstances. Ses parents lui ont inculqué des valeurs saines : - Rester humble et honnête. Etre heureux de ce que l'on a gagné dignement. Pas de frime. Pas d'exubérance. Pas de prétentions. Voilà ce que mes parents m'ont offert en guise d'éducation ! Et puis il y a ma petite sœur. Elle m'a toujours suivi pour le vélo et a toujours une petite phrase pour me remettre en question. A ma question justement, que penses-tu faire dans dix ans ? Sa réponse est l'empreinte de la sérénité : - Toujours pompier peut-être, mais pas sûr. J'ai beaucoup de projets en magasin. Un retour aux sources comme paysagiste ? Pourquoi pas ! Un projet d'aide à la personne ? Pourquoi pas ! Serai-je encore sur le vélo, ou bien pas très loin dans une voiture suiveuse ? Pourquoi pas ! Ou  tout simplement pompier sur les courses cyclistes ? Pourquoi pas !

Il n'évoque pas le côté peintre de son personnage attachant, mais je suis persuadé que ce morceau-là de son imagination est tout de même bien présent dans son esprit. Il m'en touche un mot quand même,  notamment pour exprimer son admiration pour Hugo Hofstetter et Jérémy Maison, deux coureurs professionnels qu'il a reproduits de belle façon, sur deux toiles colorées et très artistiques.

 

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Mika et ses peintures. Une belle partie de sa vie. 

 

Pour Michael Sabourin, bien évidemment, le cyclisme reste un pan de mur important dans la maison de son équilibre. Il en parle avec délectation, et avec un certain recul. Probablement le recul de l'homme tranquille et serein. Il n'est pourtant pas toujours d'accord avec ce milieu cycliste, qui à son goût ne respecte pas toujours ses coureurs : - parfois j'ai le sentiment que les commissaires nous manquent de considération. On se fait engueuler !  Mika déplore également que les filles soient mal représentées : - J'aimerais bien que le cyclisme féminin soit plus à l'honneur. Je n'aimerais pas être une fille et avoir envie de faire du vélo ... Toujours une pensée pour les autres ! - Chez les pros, j'admire les jeunes talents qui redonnent un souffle nouveau au cyclisme. Chez nous dans les catégories régionales, je ne comprends pas ceux qui freinent dès le mois de mars pour ne pas marquer de points ! Le vélo est une grande famille. J'ai trouvé chez Peltrax une envie nouvelle de faire de la compétition. Des règles, une éthique. Une équipe. Un encadrement. Je me fais plaisir. Quand je le peux j'aide les jeunes, même si je ne suis pas contre faire un résultat moi-même ...

Michael Sabourin est un mec bien comme on dit. Son côté "artiste", le mot qu'il n'aime pas entendre lorsque l'on parle de lui, c'est pourtant celui pour lequel il m'a donné envie d'écrire ce petit article. Peindre, reproduire de belles choses, parfois avec humour, je trouve que ça lui va bien. Le cyclisme est pour lui un bel outil de partage. Le partage et la reconnaissance, c'est justement ce dont il a besoin. Lui-même est un grand spécialiste, puisque chez les pompiers, c'est avant tout l'aide à la détresse de l'autre qui prime.

Faire une bonne saison cycliste, de belles peintures, être fier d'être pompier, et trouver de nouvelles vieilles bagnoles au fin fond des patelins, c'est tout ce que l'on peut lui souhaiter. Le vélo, c'est une belle idée pour s'offrir une bouffée d'oxygène. Le reste suivra.

LA PHILOSOPHIE DE LEON DUMAY

Léon DUMAY aura 20 ans le 22 juin prochain. Il est né à Compigny, proche de Pont-sur-Yonne. Léon ? C'est un petit gars de l'Yonne bien dans ses pompes, et fidèle à sa philosophie qui consiste à être, sans forcément paraître. Malgré cela,  je pense que son talent de terrien ne pourra jamais lui offrir "l'invisibilité" dont il a sans doute parfois rêvé. Oh bien sûr, comme tout le monde, il ne se cache pas lorsqu'il réussit à plaire pour une raison ou une autre, mais c'est toujours avec une certaine retenue, pleine d'intelligence et de respect. Ses études l'ont amené en Bretagne, à Rennes, pour effectuer sa première année en science Po. Une tête bien faite, et bien remplie.

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L'intello ou le cycliste ? Léon DUMAY est les deux à la fois ! 

 Pour lui, le cyclisme reste tout de même une belle alternative à l'évolution de sa vie, même si comme il dit, il ne se prend pas trop la tête. D'ailleurs, il me fait beaucoup penser à la façon d'être d'Adrien Guillonnet, coureur dijonnais (actuellement l'un des meilleurs amateurs français), et qui semble être comme une sorte de frère spirituel pour notre Léon. - J'aime sa façon de voir les choses. Je l'admire aussi beaucoup en tant que coureur cycliste !

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A Pleslin, chez les bretons, le retour victorieux de Léon DUMAY nous fait plaisir à tous.

 L’image contient peut-être : une personne ou plus, vélo et plein airL’image contient peut-être : une personne ou plus, vélo et plein airLéon vient donc de retourner chez les 2ème caté, parce que sa première saison en élites a été un peu trop compliquée à gérer. Il faut dire qu'à 19 ans, il avait probablement été un peu vite en besogne, mais ce n'est pas toujours évident à cet âge-là, de jumeler études et sport de haut niveau. - J'avais besoin de reprendre confiance !  C'est certainement un bon choix puisqu'il vient de renouer avec la victoire lors de sa toute première course de la saison ! Puisque la Bretagne l'a accueilli, il fallait bien qu'il trouve un nouveau club. - J'ai choisi le "team Pays de Dinan" parce qu'ils m'ont fait confiance malgré mon peu de résultats en 2017.  Et puis, j'ai senti une bonne ambiance familiale. Pour mon bien-être personnel, c'était l'idéal.

Léon DUMAY a encore tout l'avenir devant lui. Il a envie de retrouver l'élite, mais pour lui, ce n'est ni une fin en soi, ni un objectif primordial. - Evidemment que j'ai envie de remonter en 1ère caté, mais pour moi, c'est seulement un détail de ma vie ! Effectivement, il y a du Adrien Guillonnet en lui ! Il reviendra de temps en temps dans l'Yonne, chez ses parents. D'ailleurs, il sera le 4 mars prochain au départ de l'épreuve de Coulommiers dans le 77, à quelques dizaines de kilomètres du foyer parental. Il a un grand regret : - Je suis déçu de ne pas pouvoir rester pour effectuer le Tour Yonne-Nord avec mes amis de la Persévérante de Pont ! Effectivement, cette belle épreuve en ligne, organisée par Gilles Adrien et toute son équipe de bénévoles, aura lieu le week-end suivant. Léon sera malheureusement reparti chez les bretons. Je n'ai pas osé lui demander s'il pleuvait souvent là-bas. En voyant la photo de sa victoire, j'avais déjà ma réponse. Ceci n'étant qu'une petite note d'humour pour mes amis bretons que j'aime beaucoup. A ma question : Comment envisages-tu ton avenir dans le cyclisme ? Sa réponse fut tout à fait en phase avec sa belle philosophie : - mes ambitions professionnelles ne sont pas tournées vers le vélo, mais bien sûr, si j'ai une opportunité, je saurai la saisir. Pour l'instant, je me fais plaisir, et c'est là le principal de mes prérogatives. 

Il vient donc de s'imposer en force ce dimanche à Pleslin dans les Côtes-d'Armor. C'est une excellente nouvelle. Il relativise :- ce n'était qu'un critérium en 2, mais c'est bon pour la tête ! Il est fort possible que le jour de ses vingt ans, le 22 juin prochain, il fête en même temps son retour parmi ceux qui seront probablement contents de le revoir parmi eux, c'est à dire la crème des coureurs amateurs. 

Léon DUMAY restera le même. La philosophie du plaisir en bandoulière ... Bonne saison à toi môme !

TEO BARTUCCIO "MON VELO EST UNE VIE"

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Pour Téodoro Bartuccio, la vie a changé. En quelques semaines tout s'est bousculé dans son esprit. Son amour du cyclisme en général et de ses coureurs en particulier, s'est entiché d'un terrible coup de booster. Pas un coup de moins bien, au contraire, mais plutôt une envie d'aller de l'avant, pour défendre ses préceptes. Sous la forme d'une implication contre la spirale négative qui a envahi son sport, il lutte de façon active et positive. Des chutes. Des accidents. Des injustices touchant des proches ou des connaissances de son milieu tant aimé, le monde du cyclisme. Autant de raisons pour se battre avec ses armes. Pour la flamme d'un Mathieu Riebel, ou pour l'âme du tout aussi regretté Greg Somogyi. Pour que cela ne se reproduise plus avec d'autres. Des mises en scène qui font réfléchir, et des apparitions médiatiques pour faire passer son message (photo ci-dessous sur RMC). "Mon vélo est une vie", c'est l'association pour laquelle il se "chicore" chaque jour. Téo Bartuccio est un mec droit dans ses bottes. Fier de défendre les cyclistes qu'il ne peut pas et ne veut pas abandonner.
 
Cycliste, il l'est lui-même depuis l'âge de huit ans ! - Le vélo c'est ma passion. Je n'éprouve aucune lassitude, bien au contraire. Plus je vieillis et plus j'ai envie de m'investir. Tout petit j'ai compris que c'était une grande famille. Un jour d'hiver où j'avais très froid, un coureur m'a prêté sa veste thermique pour me réchauffer, au risque d'avoir froid lui-même. Je n'ai jamais oublié cette marque de solidarité. Ce que le cyclisme m'a offert, je me dois de le lui rendre.
Pour l'amour de son sport, il serait capable de soulever des montagnes. Il sait qu'il ne peut rien faire tout seul : - Je remercie du fond du cœur toutes les personnes qui m'ont soutenu afin que je réussisse à mener à bien tout ce que j'entreprends. Ces personnes se reconnaîtront ... Elles m'ont donné beaucoup de force pour faire ce que je fais aujourd'hui.
Téo Bartuccio a besoin de se battre. Pour la mémoire de son coureur d'abord. Mathieu Riebel était comme son fils : - J'ai beaucoup de mal à accepter le décès de Mathieu. J'ai beaucoup de chagrin. 20 ans, ce n'est pas un âge pour mourir ! 
Téo a décidé de mettre entre parenthèses sa qualité de coach du VCA Le Bourget, afin d'avoir plus de temps pour son association œuvrant pour la sécurité des cyclistes de tous genres. C'est bien sûr tout à son honneur. Il a même repris la compétition avec l'espoir de lever les bras au ciel en guise de victoire, pour envoyer un signe à son Mathieu qui lui manque tellement. Il y a en Téo Bartuccio une volonté indéfectible d'aider les autres. C'est à la fois beau et très inspirant de respect. Il se souvient de ces stages avec la DN3 du Bourget. Il pense aussi à la 4ème place de Kévin Evenot lors d'un championnat de France espoirs sur piste. Il n'a pas oublié non plus la création du VCAB en 2006. Beaucoup de souvenirs merveilleux certes, mais qui cependant ne parviennent pas à lui faire oublier cette saison 2017 qui fut terrible pour les nerfs et sa sensibilité d'homme sain. Des larmes et du sang. Des pleures parfois contenues, mais qui resteront à jamais comme une blessure difficile à refermer.
Le cyclisme s'inspire du meilleur et du pire, comme tous les pans d'une vie ou d'une société. Chacun de ces pans seraient fiers de posséder un Téo Bartuccio pour survivre ou tenir debout. Rien n'est plus beau qu'une lutte pour être meilleur. Téo, par son action délibérément humaine, rend meilleur. Il suffit de regarder devant nous. Il suffit d'être objectif. Il suffit de souhaiter bon courage à cette association.
Le vélo a besoin de vous les amis.
 
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REQUIEM POUR DEUX FOUS

Jean d'Ormesson et Johnny Hallyday sont morts le même jour, le 5 décembre 2017. A quelques heures d'intervalles seulement. Coïncidence ? Pas si sûr ! Tous deux étaient si différents. Chacun était si loin de l'univers de l'autre. Pourtant, leur regard bleu avait la même pureté, celle des hommes dignes et fiers. Celle des gens fascinants. Jean d'Ormesson a laissé derrière lui une intelligence redoutable. L'un de ses derniers romans s'intitulait : "un jour, je m'en irai sans en avoir tout dit". C'est probablement vrai. Il a dû partir avec quelques secrets. Né à Paris le 16 juin 1925, il aura donc vécu 92 ans. Il fit de sa vie ce qu'il voulut en faire. Il fut un écrivain, un journaliste, un philosophe, et un membre de l'académie française. Avec du talent, beaucoup de talent. Instinctif et éloquent, il fut judicieusement caressé par une pointe d'humour jubilatoire. Un regard plutôt coquin, mais légitimement habile. Cet homme était un homme de droite respectueux des âmes de gauche. Il a marqué son époque, et il va sans aucun doute beaucoup nous manquer. J'adorais l'entendre parler. Je prendrai plaisir à le lire.

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 Johnny Hallyday lui, était l'idole des jeunes, mais aujourd'hui surtout des moins jeunes, puisque le temps a passé en usant les plus beaux diamants semés sur nos routes. Une voix incomparable. Lui aussi avait une forme d'humour bien à lui. Il avait 74 ans. La fougue du rocker intacte, malgré la maladie. "Je te promets" chantait-il. Alors nous y avons cru avec lui tellement il était crédible dans son interprétation de la vie. Fans ou pas, nous avons avancé sur nos chemins respectifs, accompagnés par "L'envie" d'allumer le feu", ou bien celle de retenir la nuit ... Jean-Philippe Smet était un artiste généreux et porteur d'une auréole charismatique gigantesque. "J'oublierai ton nom" hurlait-il, nous n'oublierons pas le sien. "Souvenirs, souvenirs", comme ceux qu'il a laissés à des millions de gens, tous prêts à lui ressembler, en refusant jusqu'à leur propre image. Je suis bien trop fier pour tenter d'imiter qui que ce soit, mais mon respect pour ce qu'il fut n'en est pas moins immense. "Toute la musique que j'aime, elle vient du blues". A présent, pour Jean et Johnny, "noir c'est noir". Il reste cependant un espoir, celui de vous imaginer ensemble, libres dans vos têtes avec "Diego" tout là-haut. 

Vous pouvez aussi fredonner "j'ai oublié de vivre", mais pour nous, ici, ce sera plutôt un "requiem pour deux fous".

Merci d'avoir existé. Je finirai par cette phrase merveilleuse de Monsieur d'Ormesson : "Je dirai malgré tout que cette vie fut belle" ... Sacré Jean !

ANNE-LYSE, GREG'S BLUES

Regarder la vie en face, sous tous ses angles. Il reste la vérité, la vraie ! L'uniformité des pensées n'existe pas, n'existe plus. Anne-Lyse Somogyi en est une preuve. Somogyi ? Oui, comme Greg son mari, son amour, son presque tout. Elle l'a perdu il y a six mois, lors d'un accident de la route. Depuis, Anne-Lyse et leur petite Lucie vivent ... malgré le vide que l'inévitable souvenir de Greg essaie de remplir. Se reconstruire après un cataclysme, c'est le plus dur des challenges. C'est celui d'une jeune femme admirable. Son joli minois est un reflet positif de ce que doit être l'être humain. A 33 ans, l'âge ou le jour doit encore faire de l'ombre à la nuit, elle se bat pour trouver la lumière. Elle se bat pour leur enfant, pour lui, mais elle espère parvenir à se battre un jour pour elle-même. Pour le moment, elle est en plein Greg'S blues.

 

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L'ile Maurice, un souvenir parmi tant d'autres pour Anne-Lyse. 

 

 - La vie continue ! C'est le cliché habituel et répété par tous ceux qui croient bien faire en la croisant au hasard de cette existence. Une existence au potentiel énorme, mais bien souvent si déroutante. Elle n'a pas besoin de la suffisance des autres, ni même de leurs compassions, mais elle souhaite la proximité de ses plus chers amis, et simplement beaucoup de temps pour atténuer ses peurs du vide. - Je me sens parfois au bord d'un précipice !  Elle, l'hôtesse de l'air, en a marre de partir loin de sa Lucie. De toute façon, elle ne peut plus y aller. En arrêt-maladie depuis deux mois, c'est bien compréhensible. Elle a un grand besoin de changer de vie, comme elle l'avait prévu avec son mari bien avant le drame. Deux à quatre fois par semaine elle se fait une bonne heure de sport, parce qu'elle en a besoin. - Si seulement ça pouvait être tous les jours. L'envie de me faire mal me fait du bien ! Pour son équilibre, pour se vider la tête, même un tout petit peu. Mais elle ne laisse jamais Lucie bien longtemps. Elle la confie à une assistante maternelle ou à sa maman parfois, pour garder le lien. Elle a du mal à abandonner ce petit bout de chou trop souvent derrière elle. Cette môme représente le miroir de Greg. Elle est tout. L'amour, le sang, le cœur qui bat plus fort. 

Anne-Lyse a remporté le duathlon de Souppes en compagnie de son ami Stéphane Le boulanger le 1er novembre dernier. Elle a cette force d'aller au bout d'elle-même. - Je veux retrouver mon niveau précédent, pour Greg. J'ai envie de hurler que je l'aime. J'ai souvent l'impression que sans lui je n'ai plus de demain. Je sais pourtant qu'il faut que je fasse grandir notre fille. Hôtesse ? Je crois que c'est fini pour moi. J'ai envie de serrer Lucie chaque soir dans mes bras. Où est-il ? Au bout du monde ? Sur la lune ? Si je pouvais je le rejoindrais n'importe où. Au-delà de mes espoirs. Au-delà de tout. Je ferai le voyage immédiatement. La lune ? Pourquoi pas ! Je dois gérer un quotidien maltraité. J'aimerais pouvoir aider les gens qui vivent ce que je vis. Je reste connectée dans le monde des vivants ... Avec ses petites phrases au couteau, Anne-Lyse nous fait ressentir sa douleur. Sa force vient juste après sa fragilité. - Je veux que Lucie vive des choses extraordinaires, comme elle en aurait vécues avec son papa ! Ecorchée vive et tendre maman à la fois, c'est sans doute la suite que doit envisager Anne-Lyse Somogyi à présent. Elle a une telle volonté. Elle veut aller au bout du bout comme dans le sport. Le Greg'S blues est là, et les mots la libèrent à défaut de la guérir : - L'hiver me torture. Je me sens seule. Il devrait être là, comme ça il n'y aurait plus d'hommage, plus de pèlerinage, plus d'écorchures, plus de fêlures. Je tâtonne. J'avance en reculant ... Il était presque tout pour moi !

Difficile de résister à ce cri du cœur. Difficile de ne pas vouloir la soutenir dans sa démarche de sportive pleine de ressources. Un jour, espérons-le, cette femme intense trouvera la paix en elle. Une nouvelle route. Pour transformer le Greg'S blues en un souvenir moins terrifiant.