SANDRINE BIDEAU, LE GOUT DES BONS MOMENTS
09/05/2018
MACRON AU VIN BLANC
01/01/2018
REQUIEM POUR DEUX FOUS
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SANDRINE BIDEAU, LE GOUT DES BONS MOMENTS

 

Mardi 8 mai 2018, l'été est en avance dans la campagne de seine et marne, comme ailleurs. Sous le soleil de Presles en Brie, une bonne quarantaine de cyclistes féminines se disputent une belle épreuve en deux épisodes C'est Elodie Lollierou de l'UVCA Troyes qui remporte le classement général final, mais Sandrine Bideau fait également partie des coursières en vue du jour, et se classe 4ème.

 

                                                                                                        Sandrine BIDEAU  (CM Aubervilliers 93)L’image contient peut-être : une personne ou plus et plein air

 

Licenciée au CM Aubervilliers 93, Sandrine est une jeune femme sympathique et pleine d'humour. Suivie de près par son ami et entraineur Gérald Monnier, elle s'est bien battue tout au long du circuit brulé par une température un peu rebelle pour faire des efforts violents. Pas de soucis, la banlieusarde est rompue à la compétition depuis quelques années déjà. Elle a débuté il y a 20 piges, alors que ce n'était qu'un bout de chou de 9 printemps.

Née le 12 avril 1989 au Blanc Mesnil, elle flirte toujours avec le 93 depuis ce jour. Après avoir vécu pendant 28 ans chez papa maman, elle s'est acheté un appart à Livry Gargan, avec ses économies. Depuis 2013, elle a trouvé un CDI de 28 heures/hebdo, chez Octo Technologie. Elle y trouve son compte puisqu'elle s'y sent bien et a le temps nécessaire pour s'entrainer.

 - J'adore mon boulot, et mes collègues sont les meilleures qui soient ! J'ai de la chance ... merci ma sœur !

Depuis ses débuts dans le cyclisme, Sandrine active son sens du bonheur de vivre. Partout où elle est passée, elle s'est fixée pour objectif d'être heureuse et de prendre du plaisir. - Rire et ne pas se prendre la tête, c'est ça la vie !

De l'ECA en 98 à Auber en 2018, il y eut Epinay, Neuilly sur marne, ESGL (Equipe UCI-GSD gestion), Puteaux, Bondy (Vienne Futuroscope), et Montrichard (DN centre). Toujours du plaisir et de belles rencontres.

Sa meilleure saison ? 2012 ! 11ème d'une coupe du monde à Plouay s'il vous plait ! Sélectionnée en équipe de France pour le mondial !

En fin d'année, une double fracture du bassin met un coup d'arrêt à sa positivité. Elle effleure alors le côté négatif de l'activité sportive ... les risques de blessure ! Pourtant, sa bonne humeur naturelle l'empêche d'en retenir le pire :

- Je garde les bons moments en moi. Partout, dans chaque club, au fil des années, j'ai pris le meilleur et je me suis délectée des instants inoubliables. Comme dans la vie. Quand j'ai appris que ma sœur attendait son premier enfant par exemple. Ce fut un immense bonheur. Aujourd'hui je suis Tata deux fois. C'est vraiment une des plus belles choses de ma vie !

Même si en 2016 elle se fait percuter par une voiture (celle du médecin) lors des championnats de France à Vesoul. Même si dans ses souvenirs sombres et plus lointains, elle a en mémoire cette fissure du bassin (déjà) lorsqu'elle n'est qu'une junior pleine d'espoirs. Même si l'après-Vesoul fut un long chemin douloureux au point d'avoir envie de tout abandonner. Quatre mois de doutes. Déçue, désespérée, plus envie de rien ...

Même si toutes ces choses-là existent bel et bien, elle est prête à les laisser de côté. Finalement, elle repart de plus belle. Le vélo lui manque. Les copines, les sourires, les émotions. Tout ça doit revenir à tout prix.

Sandrine est sensible et fragile derrière cette façon d'être goguenarde. Son joli sourire dissimule probablement les traces d'une souffrance cachée. Comme la plupart d'entre nous, il lui arrive parfois d'avoir des coups de blues. Malgré cela, son côté optimiste prend toujours le dessus, et c'est heureux comme ça :

- bien sûr les coups de blues s'invitent parfois, comme les jours de décès de proches par exemple. Je pense à mes deux grands-mères notamment. Mais je suis quelqu'un de positive dans l'âme, alors je continue d'avancer ...

Sa vie d'aujourd'hui se partage entre un sport qu'elle aime et une famille qu'elle adore. Toute seule dans son appart de Livry Gargan, elle est heureuse et vit simplement. Sa passion dévorante pour le cyclisme l'empêche de s'ennuyer. Son travail l'enrichit de bonnes relations humaines. Tout est bien en place dans sa tête : - plus tard, il sera bien temps de voyager. J'aimerais voir le plus de pays possible. 

Quand elle a un peu de temps devant elle, elle aime s'évader à travers la lecture. Elle a aussi une autre passion, celle du rugby et des rugbymans :

- J'aime aller voir des matches dés que je peux !

 

 

Tu as des idoles Sandrine ? - oui ! Avant même qu'il ne soit connu, j'aimais déjà beaucoup la façon d'être de Peter Sagan. C'est toujours le cas ! Mais dans l'absolu, je suis fan de mon petit frère. C'est le plus beau, le plus fort ...

La famille, c'est l'accroche-cœur de cette jeune femme étonnamment et décidemment très positive. A tel point que pour clôturer notre dialogue amical, elle n'hésite pas à crier haut et fort :

- J'ai quand même une vie sacrément cool ! 

 Evidemment, je ne peux que lui souhaiter de rester ainsi le plus longtemps possible. De continuer à prendre le plaisir de vivre là où elle l'a trouvé. C'est à dire dans la simplicité des moments forts de la vie. L'amour du sport. L'amour de ses proches. Et son regard optimiste sur toutes les situations pour ne pas perdre la route qu'elle s'est tracée.

 


MACRON AU VIN BLANC

31 décembre 2017, 20 heures. Un bon petit vin d'Alsace accompagne une grosse poignée d'huîtres pour la mise en bouche d'un réveillon sans folie, mais tellement bon à vivre. J'ai à mes côtés la personne que je désire, et c'est de loin l'info principale de la soirée. Notre président-roi s'invite pendant dix-huit minutes. Le Macron au vin blanc n'était pourtant pas prévu au menu. Il distribue ses vœux à sa façon, celle d'un banquier tenant les ficelles du porte-monnaie de la France. Il envahit l'écran comme tous ses prédécesseurs, avides de pouvoir et d'exposition médiatique. Il nous informe d'une austérité de plus en plus injuste, et nous demande de penser à faire quelque chose pour notre pays chaque matin.  

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Quoi faire ? 

Désolé, nous avons déjà tout donné Mr le président ! J'espère tout de même que vous avez passé de belles vacances à la montagne. Que vous avez fabriqué un maximum de globules rouges là-haut au sommet des cimes, afin de nous gratifier de votre énergie de la quarantaine prétentieuse. Puisqu'il s'avère que notre avenir est entre vos mains, je ne suis plus inquiet ... hum hum ! Je rigole. Je sais déjà que ma condition ne pourra s'améliorer qu'avec mon seul et unique effort, surement pas avec le vôtre. Pathétique version que celle de vos vœux hier à 20 heures. Encore pire que ceux des gens qui me détestent et me souhaitent de passer une merveilleuse année. Ce moment du calendrier est sans doute le plus mal perçu de nous tous. Certains ne se rendent pas compte combien on se moque de leur existence. Combien on leur ment. Hier soir, la moquerie de notre république a atteint la lune. Nous devons suivre notre roi pour permettre à la France de se sortir de l'ornière. Nous devrons achetez les timbres, le carburant et le gaz plus cher, la suite étant ... en marche ! Par contre, pendant que notre ceinture se serre de plus en plus, jusqu'à nous couper le souffle, rien n'empêche notre premier ministre de cracher sur nos vestes en lâchant 350 000 euros pour revenir de Tokyo. Tout cela dans un A340 de luxe en remplacement de l'avion apprêté par l'état ! C'est sûr, les vœux de notre roi à tous sont d'une "honnêteté sans espoir". Le président ne doute de rien. Il est au-dessus de tout. La lumière dans ses yeux est celle qui brille dans les yeux des menteurs pathologiques.

Allez, je préfère ne pas m'en préoccuper. Bonne année à tous. A mes amis moutons ... Mèèèèèèèè ... et aux autres ! Ceux qui se sont habitués aux manipulations de nos hommes politiques, depuis que De Gaulle a payé son dernier billet de train. 

REQUIEM POUR DEUX FOUS

Jean d'Ormesson et Johnny Hallyday sont morts le même jour, le 5 décembre 2017. A quelques heures d'intervalles seulement. Coïncidence ? Pas si sûr ! Tous deux étaient si différents. Chacun était si loin de l'univers de l'autre. Pourtant, leur regard bleu avait la même pureté, celle des hommes dignes et fiers. Celle des gens fascinants. Jean d'Ormesson a laissé derrière lui une intelligence redoutable. L'un de ses derniers romans s'intitulait : "un jour, je m'en irai sans en avoir tout dit". C'est probablement vrai. Il a dû partir avec quelques secrets. Né à Paris le 16 juin 1925, il aura donc vécu 92 ans. Il fit de sa vie ce qu'il voulut en faire. Il fut un écrivain, un journaliste, un philosophe, et un membre de l'académie française. Avec du talent, beaucoup de talent. Instinctif et éloquent, il fut judicieusement caressé par une pointe d'humour jubilatoire. Un regard plutôt coquin, mais légitimement habile. Cet homme était un homme de droite respectueux des âmes de gauche. Il a marqué son époque, et il va sans aucun doute beaucoup nous manquer. J'adorais l'entendre parler. Je prendrai plaisir à le lire.

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 Johnny Hallyday lui, était l'idole des jeunes, mais aujourd'hui surtout des moins jeunes, puisque le temps a passé en usant les plus beaux diamants semés sur nos routes. Une voix incomparable. Lui aussi avait une forme d'humour bien à lui. Il avait 74 ans. La fougue du rocker intacte, malgré la maladie. "Je te promets" chantait-il. Alors nous y avons cru avec lui tellement il était crédible dans son interprétation de la vie. Fans ou pas, nous avons avancé sur nos chemins respectifs, accompagnés par "L'envie" d'allumer le feu", ou bien celle de retenir la nuit ... Jean-Philippe Smet était un artiste généreux et porteur d'une auréole charismatique gigantesque. "J'oublierai ton nom" hurlait-il, nous n'oublierons pas le sien. "Souvenirs, souvenirs", comme ceux qu'il a laissés à des millions de gens, tous prêts à lui ressembler, en refusant jusqu'à leur propre image. Je suis bien trop fier pour tenter d'imiter qui que ce soit, mais mon respect pour ce qu'il fut n'en est pas moins immense. "Toute la musique que j'aime, elle vient du blues". A présent, pour Jean et Johnny, "noir c'est noir". Il reste cependant un espoir, celui de vous imaginer ensemble, libres dans vos têtes avec "Diego" tout là-haut. 

Vous pouvez aussi fredonner "j'ai oublié de vivre", mais pour nous, ici, ce sera plutôt un "requiem pour deux fous".

Merci d'avoir existé. Je finirai par cette phrase merveilleuse de Monsieur d'Ormesson : "Je dirai malgré tout que cette vie fut belle" ... Sacré Jean !

ELO LE PLAISIR A VELO

 

Elodie LOLLIEROU ne veut plus se prendre la tête. L'ex mademoiselle HEGOBURU a décidé de s'amuser avec son vélo, mais tout en étant sérieuse dans la gestion de son temps, par la force des choses. Née le 05/12/89 à Brou sur Chantereine en Seine et Marne, elle vit aujourd'hui pas très loin de l'endroit où son acte de naissance a été déposé. Dans un village du 77 plutôt calme, elle partage son bonheur de vivre sous un toit protecteur, avec Erwann LOLLIEROU, l'ancien 1ère caté et très bon sprinter à l'ACBB, l'UC Bords de Marne et l'AS Marcoussis entre autre. A présent, il évolue lui aussi dans l'idée de s'amuser un peu, au Team Peltrax en 3ème catégorie.

Elodie a été en 2013 une belle compétitrice, emportant au passage le classement général de la coupe de France, avec notamment une magnifique victoire à Pujols, au cours d'une 3ème manche très disputée. Après cette superbe saison, elle a décidé de changer de vie. Et, en plein accord avec Erwann, elle a lancé l'opération "construire une famille" ! Lorsque l'on fait du sport à un bon niveau, la conciliation des deux schémas n'est guère faisable, tout du moins au début du projet. Ensuite, il faut adapter son espace temps avec la réalité du terrain et de la vie quotidienne. Enceinte, elle avait repris gentiment quelques sorties et même courue un peu en 2014, au niveau régional. Après le mariage d'octobre 2014, elle a donné la vie à une petite merveille prénommée Eloïne, et qui a vu le jour le 1er décembre 2015. Ayant décidée de l'allaiter, sa carrière cycliste s'est automatiquement mise entre parenthèses. Il y a des personnes qui ont le mérite de s'activer dans plusieurs domaines à la fois. Ce sont souvent des personnes généreuses et fidèles à des objectifs qu'elles se sont fixés au préalable. Elodie et Erwann étaient fait pour se rencontrer, et partager leurs rêves. Ils se partagent aussi la garde d'Eloïne parfois, pour aller courir ou s'entrainer. C'est une façon à eux de continuer à aimer et respecter leur sport, en faisant de leur vie un puzzle qui s'assemble parfaitement. Bien sûr, ce n'est pas toujours facile. Bien sûr il y a cette chère Annie, la mamie LOLLIEROU, excellente intendante durant notre collaboration sympa à Bords de Marne et Marcoussis. Il y a aussi le clan HEGOBURU, vacciné de longue date avec un rayon de vélo. Tout ce joli monde est prêt à donner la main quand cela est possible. Toujours est-il qu'Elo se plait à vélo. Depuis cet hiver, nous travaillons ensemble à reconstruire son corps et son univers de championne volontairement égarée. Elle sait pertinemment que son niveau n'atteindra probablement plus les 100% obligatoires pour briller avec les meilleures françaises, mais elle va s'appliquer à finir en beauté en 2018. Ensuite, peut-être que ce sera la fin de la compétition, pendant quelques temps en tout cas.

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                                                                                                                                           Elodie LOLLIEROU

Cette saison, elle a dû allier son travail de factrice à St Thibaut des vignes, l'entretien de sa maison, et son attention particulière pour le bébé, avec son entrainement souvent diminué, en demi-teinte, afin de ne pas tomber dans la suractivité, dangereuse pour son bien-être de femme. Chaque matin, c'est debout à 6 h 30 ! La tournée souvent en surcharge, et une heure de battement avant de repartir s'entrainer, seulement quand son emploi du temps pouvait le lui permettre. C'est un rythme à suivre, mais peu évident pour lutter au niveau national, face à des filles qui ne font que du vélo. Pourtant, elle ne s'en plaint pas, admettant que chacun doit suivre le chemin qu'il a choisi, voilà tout. Elodie est une jeune femme intelligente et avec son courage à revendre, elle est tout de même parvenue à terminer toutes les coupes de France auxquelles elle a participée, dans le premier tiers, souvent même dans les trente premières. Cet été elle se repose, en faisant quelques cyclos et beaucoup de farniente pendant ses trois semaines de vacances. Elle reviendra en 2018, parce qu'elle en a envie, et non pas parce qu'elle se sent obligée. Elle est heureuse avec ses copines de l'UVCA Troyes. Ensemble elles se serrent les coudes pour parvenir à faire évoluer le club dans le bon sens.  Ce challenge lui plait beaucoup. et l'équipe DN auboise progresse.

A la question, quel est ton avenir dans le cyclisme ? elle répond : - En 2018, je voudrais faire minimum aussi bien que cette année, et même encore mieux si cela est possible ! Je voudrais aussi continuer à aider cette équipe de l'UVCA Troyes à monter en puissance. Les dirigeants sont hyper motivés et dévoués. Du coup, ça donne envie de bien faire !

Elodie LOLLIEROU aime le cyclisme, alors elle fait ce qu'elle peut pour reculer l'échéance d'une retraite prématurée. Aujourd'hui, le cyclisme féminin a atteint un niveau important grâce à la création de groupes pros, ce qui est bien, mais c'est d'autant plus difficile pour toutes les Elodie's du peloton, que l'on pourrait comparer à des "working girls"...

 

AU SOUVENIR DE GREGO

Un jour comme les autres. Une route comme les autres. Un homme respirant le respect, et puis un drame, douloureux comme tous les drames. Telle est la description la plus futile et la plus décevante que l'on peut faire lorsqu'un type bien croise son destin sur un rond-point ... Il y a une sorte de loi des séries en ce moment ! Amis cyclistes, faites moi plaisir, prenez-soin de vous, vous êtes en danger ! Sur le goudron, des hommes et des femmes aimant pédaler, se doublent et se saluent, mais ils peuvent être la cible d'un ou d'une inconnue passant par là, pour jouer dans un scénario de film "dramatico-réel".

Parfois, en une seconde, un pan entier de notre existence s'écroule. Sous les projecteurs de nos vies à tous, il y a des instants merveilleux, vécus avec des gens merveilleux. Ceux qui ont connu Grégoire Somogyi, ont cette sensation là aujourd'hui. Ils savent qu'ils ont croisé un mec extra, mais qu'à présent, plus rien ne sera jamais comme avant. A 44 ans, Grego comme l'appelait beaucoup de ses proches, était un coureur cycliste atypique, puisque tardif dans son approche du vélo, et pour cause. Pilote de ligne et commandant de bord à l'aéropostale canadienne, ça ne s'improvise pas, et c'est tout simplement dix ans d'études ! Ce vrai gentil, apprécié de tous, a laissé une douleur immense dans le sillage de sa carcasse solide et puissante. Tous les coureurs diront de lui la même chose que son copain Stéphane Le Boulanger : - Greg était attachant, affectif, attentionné, intègre, et de confiance ...

Dans son job, il avait rencontré Anne-Lyse, hôtesse de l'air dans la même compagnie que lui. Ils ont eu une petite Lucie, maintenant âgée de deux ans. Inutile d'être brillantissime pour comprendre quelle douleur et quel manque doivent endurer ses deux amours. Anne-Lyse privé de son mari, et Lucie de son papa, je vous adresse mes sincères condoléances.

Il suffit donc de presque rien pour détruire un parcours jusque là plutôt "estampillé bonheur". Un rendez-vous avec des amis pour aller rouler. Un camion dans le même timing que le champion, et puis ce fameux rond-point qui finalise l'effroyable malheur d'un choc fatal. C'est la triste info qui a glacé le monde cycliste déjà si touché ces dernières semaines. Grégoire Somogyi a perdu la vie ! Quelle banalité ! Quelle impuissance face à ce jour désormais marqué d'ombres malveillantes.

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Grego était arrivé dans ce monde cycliste en 2000, à Senlis, où il prit une licence de série départementale. Très vite il remporte quelques succès et se retrouve en 2ème caté à l'ESC Meaux, le club cher à mon ami Jean-Claude Lambert, qui doit être dévasté lui aussi. Il y rencontre de bons coursiers comme Pioline, Prévost, Félix, Le Boulanger, Lavorel, Mathis, et tant d'autres. Puis, à force de courage, il grimpe encore les échelons et devient un membre important de l'équipe de division nationale 1 du CS Villeneuve St Germain, avec mon petit Gwen Tallonneau, Alex Gratiot, et consorts. Il remporte même une belle victoire à Coucy le Château ! En DN1 à 44 ans, c'est plutôt rare, mais Grégoire Somogyi était un être rare. Il aimait tellement ce sport, que son addiction était dissimulée par sa joie de sentir l'odeur des produits de massage, ou d'épingler un dossard au départ d'une épreuve. Il était friand de sorties interminables, les 200 bornes ne lui faisaient pas peur. Ses fans inconditionnels, c'était la famille Le Boulanger. Ils le suivaient de près avec un grand plaisir. Stéphane bien sûr, son pote, qui le canalisait parfois mentalement. Et puis Jacky, le père de Stéphane, dévoué pour le cyclisme depuis tant d'années, et attaché à Greg comme on peut l'être à un fils. Claudie, l'épouse de Jacky, avait elle aussi une sorte de filiation naturelle avec Grego. Le souffle de la famille Gallois était également très admiratif de ce garçon charmeur et authentique.

Ah, elle va beaucoup manquer la houppette de Tintin !

Dans son appartement de Villeron (95), son vélo Cannondale qu'il bichonnait tant, ne trônera plus ...

Jacky se rappelle avec un mélange d'émotion et d'admiration d'une course à Pont sur Yonne : - Il avait fait la moitié de la course tout seul. Un sacré numéro. Il les a tous mis à plus de 4 minutes !

Grégoire Somogyi avait une vo2 max digne d'un coureur professionnel, alors forcément, lorsqu'il était dans un grand jour ça envoyait dur ! Avec son look un peu british, le bob, le caleçon à rayures, les bas de contention et les claquettes, il faisait sourire ses amis. Stéphane Le Boulanger ajoute : - Il était comme un dandy, et il aimait les fringues de marques ! Malgré cela, il était le premier à remonter le moral des plus faibles. Il avait en lui cette faculté de prendre soin des autres, surtout des âmes fragiles. Anne-Lyse a supporté son caractère de compétiteur chaque jour. Elle a partagé ses moments de doutes aussi, parce que dans le vélo, malgré ses capacités énormes, il n'était jamais sûr de rien. Toujours impressionné par la concurrence, alors qu'il est certain que ceux là étaient très impressionnés par lui ! Il était un vrai sportif, torturé par son envie de bien faire, et pourtant soutenu par une sorte de zen attitude latente. Avec lui, il y avait souvent un paquet de gâteaux Gerblé, du soja, de la vanille, et des céréales muesli pour l'accompagner ! Sa passion excessive pour le vélo l'emportait quelques fois vers le dépit, notamment lorsque ses voyages l'empêchaient de faire une sortie. Il était capable de partir pendant sept heures en pensant que rouler plus longtemps compenserait le fait de devoir lutter contre plus jeune que lui.

 

 Ah Grego, tu vas vraiment nous manquer ...

 

Toi, avec une assiette de sushis et une bière américaine. Toi, pour une soirée foot en supporter inconditionnel du PSG. Toi, pour un voyage à Orlando ou à Miami avec les amours de ta vie. Toi, pour un match de basket US, avec l'ambiance et le show qui te plaisaient tant. Toi, qui prenait ton Range pour aller sur une épreuve gentleman à 200 bornes, avec ton pote Steph qui t'appelait "Mon dragster". Toi, qui "kiffait" Nicolas Sirkis et son groupe Indochine.

Oui Greg, tout ça c'était toi !

Et tout ce que j'écris là me remue les tripes, parce que je sais que tes amis souffrent. Je sais qu'Anne-Lyse et Lucie devront se priver de tes qualités et de tes défauts, de tes folies et de tes envies. Je sais combien il est difficile d'être de ceux qui restent. Je sais qu'il est hasardeux et violent de tenter de comprendre. Je sais que pour tous ceux là, le chemin de l'avenir s'ouvre sans toi. 

Adieu champion ! 

 






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