LA NOUVELLE ANNEE SANS EUX
02/01/2018
MACRON AU VIN BLANC
01/01/2018
AU SOUVENIR DE GREGO
29/05/2017
ALEP ROUGE SANG
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25/08/2009


LA NOUVELLE ANNEE SANS EUX

2018 est là ! Mathieu Riebel et Greg Somogyii ne sont plus ...

Ils resteront à jamais parmi les plus grandes pertes du cyclisme en 2017. Les plus grandes injustices de la vie tout simplement. Mais bien entendu aussi, un vide immense et irréparable pour leurs proches, familles et amis. Alors, je ressors ma plume pour un hommage à nos disparus, sans aucun effleurement de profit, ni recherche de retour particulier. Ce texte peut s'offrir à tous ceux qui nous ont quittés trop jeunes. Je suis concerné comme vous tous. La vie, c'est aussi la mort ...

 

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J'ai mis mon costume le plus sombre. Je suis là devant cette boite qui avance sous les bras musclés des porteurs. Je les regarde passer. Je ne comprends pas encore que le reste de notre temps se fera sans vous. J'ai même oublié l'accident, les accidents. J'ai surtout tenté d'oublier le pire. Je ne me souviens que de vos sourires, de vos mots, de vos talents. Je n'ai rien d'autre à vous offrir. Seulement les souvenirs d'une image indélébile. Votre image. Pourtant, je sais bien que derrière ce paravent de bois, il y a vous. Allongés pour une sieste interminable. Jeune fou et gentil à la fois. Père, fils ou mari d'elle. La nuit s'étend de ses grandes jambes noires. Les processions me font frémir jusqu'aux os. La lumière des phares de voitures me rappelle que l'hiver est difficile à vaincre. Souvent, dans la détresse, les gens se rassemblent. Ils forment une union indivisible. Le cœur parle doucement aux oreilles de ceux qui souffrent. Peu importe. La lune a envie de partager sa luminosité. Des dossards figés dans nos esprits et des effluves d'huiles de massage. Des supporters et des fans. Des amoureux qui se bécotent sur un banc sans penser à mal. Des pleureuses qui ne le font plus exprès.

L'année 2018 restera la première sans vous. Sans vous Mathieu et Greg. Et sans tous ceux qui ont quitté la route loin de la préméditation. La surprise nous a laissé des blessures en feu. Pour éteindre ces flammes, il faut continuer de croire que penser est déjà un remède. Les parents sont fatigués. Les proches sont usés de semer des larmes sur leur passage. Devant, il y a tout de même le besoin de les aimer encore. Parce que l'on peut aimer un silence, une chaise vide, ou un écho du passé. Parce que l'on peut aimer le vécu pour en faire une force du futur. Les champions n'existent plus. Ils ont laissé leur place à des hommes jeunes et libérés par leur destin. Nous devons respecter ce destin par une souffrance digne. Par des hommages permanents. Les blessures ne se referment jamais vraiment. Je pense d'ailleurs qu'elles ne doivent pas se refermer. Elles doivent nous guider vers une sorte de respect indémodable. Mathieu et Greg, il y a un élan communicatif. C'est peut-être une forme d'immortalité. C'est en tout cas une façon de vaincre l'oubli de vous.

 

MACRON AU VIN BLANC

31 décembre 2017, 20 heures. Un bon petit vin d'Alsace accompagne une grosse poignée d'huîtres pour la mise en bouche d'un réveillon sans folie, mais tellement bon à vivre. J'ai à mes côtés la personne que je désire, et c'est de loin l'info principale de la soirée. Notre président-roi s'invite pendant dix-huit minutes. Le Macron au vin blanc n'était pourtant pas prévu au menu. Il distribue ses vœux à sa façon, celle d'un banquier tenant les ficelles du porte-monnaie de la France. Il envahit l'écran comme tous ses prédécesseurs, avides de pouvoir et d'exposition médiatique. Il nous informe d'une austérité de plus en plus injuste, et nous demande de penser à faire quelque chose pour notre pays chaque matin !

 REPLAY. Image associée

 

 

Quoi faire ? 

Désolé, nous avons déjà tout donné Mr le président ! J'espère tout de même que vous avez passé de belles vacances à la montagne. Que vous avez fabriqué un maximum de globules rouges là-haut au sommet des cimes, afin de nous gratifier de votre énergie de la quarantaine prétentieuse. Puisqu'il s'avère que notre avenir est entre vos mains, je ne suis plus inquiet ... hum hum ! Je rigole. Je sais déjà que ma condition ne pourra s'améliorer qu'avec mon seul et unique effort, surement pas avec le vôtre. Pathétique version que celle de vos vœux hier à 20 heures. Encore pire que ceux des gens qui me détestent et me souhaitent de passer une merveilleuse année. Ce moment du calendrier est sans doute le plus mal perçu de nous tous. Certains ne se rendent pas compte combien on se moque de leur existence. Combien on leur ment. Hier soir, la moquerie de notre république a atteint la lune. Nous devons suivre notre roi pour permettre à la France de se sortir de l'ornière. Nous devrons achetez les timbres, le carburant et le gaz plus cher, la suite étant ... en marche ! Par contre, pendant que notre ceinture se serre de plus en plus, jusqu'à nous couper le souffle, rien n'empêche notre premier ministre de cracher sur nos vestes en lâchant 350 000 euros pour revenir de Tokyo. Tout cela dans un A340 de luxe en remplacement de l'avion apprêté par l'état ! C'est sûr, les vœux de notre roi à tous sont d'une "honnêteté sans espoir". Le président ne doute de rien. Il est au-dessus de tout. La lumière dans ses yeux est celle qui brille dans les yeux des menteurs pathologiques.

Allez, je préfère ne pas m'en préoccuper. Bonne année à tous. A mes amis moutons ... Mèèèèèèèè ... et aux autres ! Ceux qui se sont habitués aux manipulations de nos hommes politiques, depuis que De Gaulle a payé son dernier billet de train. 

AU SOUVENIR DE GREGO

Un jour comme les autres. Une route comme les autres. Un homme respirant le respect, et puis un drame, douloureux comme tous les drames. Telle est la description la plus futile et la plus décevante que l'on peut faire lorsqu'un type bien croise son destin sur un rond-point ... Il y a une sorte de loi des séries en ce moment ! Amis cyclistes, faites moi plaisir, prenez-soin de vous, vous êtes en danger ! Sur le goudron, des hommes et des femmes aimant pédaler, se doublent et se saluent, mais ils peuvent être la cible d'un ou d'une inconnue passant par là, pour jouer dans un scénario de film "dramatico-réel".

Parfois, en une seconde, un pan entier de notre existence s'écroule. Sous les projecteurs de nos vies à tous, il y a des instants merveilleux, vécus avec des gens merveilleux. Ceux qui ont connu Grégoire Somogyi, ont cette sensation là aujourd'hui. Ils savent qu'ils ont croisé un mec extra, mais qu'à présent, plus rien ne sera jamais comme avant. A 44 ans, Grego comme l'appelait beaucoup de ses proches, était un coureur cycliste atypique, puisque tardif dans son approche du vélo, et pour cause. Pilote de ligne et commandant de bord à l'aéropostale canadienne, ça ne s'improvise pas, et c'est tout simplement dix ans d'études ! Ce vrai gentil, apprécié de tous, a laissé une douleur immense dans le sillage de sa carcasse solide et puissante. Tous les coureurs diront de lui la même chose que son copain Stéphane Le Boulanger : - Greg était attachant, affectif, attentionné, intègre, et de confiance ...

Dans son job, il avait rencontré Anne-Lyse, hôtesse de l'air dans la même compagnie que lui. Ils ont eu une petite Lucie, maintenant âgée de deux ans. Inutile d'être brillantissime pour comprendre quelle douleur et quel manque doivent endurer ses deux amours. Anne-Lyse privé de son mari, et Lucie de son papa, je vous adresse mes sincères condoléances.

Il suffit donc de presque rien pour détruire un parcours jusque là plutôt "estampillé bonheur". Un rendez-vous avec des amis pour aller rouler. Un camion dans le même timing que le champion, et puis ce fameux rond-point qui finalise l'effroyable malheur d'un choc fatal. C'est la triste info qui a glacé le monde cycliste déjà si touché ces dernières semaines. Grégoire Somogyi a perdu la vie ! Quelle banalité ! Quelle impuissance face à ce jour désormais marqué d'ombres malveillantes.

Grego était arrivé dans ce monde cycliste en 2000, à Senlis, où il prit une licence de série départementale. Très vite il remporte quelques succès et se retrouve en 2ème caté à l'ESC Meaux, le club cher à mon ami Jean-Claude Lambert, qui doit être dévasté lui aussi. Il y rencontre de bons coursiers comme Pioline, Prévost, Félix, Le Boulanger, Lavorel, Mathis, et tant d'autres. Puis, à force de courage, il grimpe encore les échelons et devient un membre important de l'équipe de division nationale 1 du CS Villeneuve St Germain, avec mon petit Gwen Tallonneau, Alex Gratiot, et consorts. Il remporte même une belle victoire à Coucy le Château ! En DN1 à 44 ans, c'est plutôt rare, mais Grégoire Somogyi était un être rare. Il aimait tellement ce sport, que son addiction était dissimulée par sa joie de sentir l'odeur des produits de massage, ou d'épingler un dossard au départ d'une épreuve. Il était friand de sorties interminables, les 200 bornes ne lui faisaient pas peur. Ses fans inconditionnels, c'était la famille Le Boulanger. Ils le suivaient de près avec un grand plaisir. Stéphane bien sûr, son pote, qui le canalisait parfois mentalement. Et puis Jacky, le père de Stéphane, dévoué pour le cyclisme depuis tant d'années, et attaché à Greg comme on peut l'être à un fils. Claudie, l'épouse de Jacky, avait elle aussi une sorte de filiation naturelle avec Grego. Le souffle de la famille Gallois était également très admiratif de ce garçon charmeur et authentique.

Ah, elle va beaucoup manquer la houppette de Tintin !

Dans son appartement de Villeron (95), son vélo Cannondale qu'il bichonnait tant, ne trônera plus ...

Jacky se rappelle avec un mélange d'émotion et d'admiration d'une course à Pont sur Yonne : - Il avait fait la moitié de la course tout seul. Un sacré numéro. Il les a tous mis à plus de 4 minutes !

Grégoire Somogyi avait une vo2 max digne d'un coureur professionnel, alors forcément, lorsqu'il était dans un grand jour ça envoyait dur ! Avec son look un peu british, le bob, le caleçon à rayures, les bas de contention et les claquettes, il faisait sourire ses amis. Stéphane Le Boulanger ajoute : - Il était comme un dandy, et il aimait les fringues de marques ! Malgré cela, il était le premier à remonter le moral des plus faibles. Il avait en lui cette faculté de prendre soin des autres, surtout des âmes fragiles. Anne-Lyse a supporté son caractère de compétiteur chaque jour. Elle a partagé ses moments de doutes aussi, parce que dans le vélo, malgré ses capacités énormes, il n'était jamais sûr de rien. Toujours impressionné par la concurrence, alors qu'il est certain que ceux là étaient très impressionnés par lui ! Il était un vrai sportif, torturé par son envie de bien faire, et pourtant soutenu par une sorte de zen attitude latente. Avec lui, il y avait souvent un paquet de gâteaux Gerblé, du soja, de la vanille, et des céréales muesli pour l'accompagner ! Sa passion excessive pour le vélo l'emportait quelques fois vers le dépit, notamment lorsque ses voyages l'empêchaient de faire une sortie. Il était capable de partir pendant sept heures en pensant que rouler plus longtemps compenserait le fait de devoir lutter contre plus jeune que lui

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Greg SOMOGYI, avec son pote Stéphane LE BOULANGER.

 

Ah Grego, tu vas vraiment nous manquer ...

Toi, avec une assiette de sushis et une bière américaine. Toi, pour une soirée foot en supporter inconditionnel du PSG. Toi, pour un voyage à Orlando ou à Miami avec les amours de ta vie. Toi, pour un match de basket US, avec l'ambiance et le show qui te plaisaient tant. Toi, qui prenait ton Range pour aller sur une épreuve gentleman à 200 bornes, avec ton pote Steph qui t'appelait "Mon dragster". Toi, qui "kiffait" Nicolas Sirkis et son groupe Indochine.

Oui Greg, tout ça c'était toi !

Et tout ce que j'écris là me remue les tripes, parce que je sais que tes amis souffrent. Je sais qu'Anne-Lyse et Lucie devront se priver de tes qualités et de tes défauts, de tes folies et de tes envies. Je sais combien il est difficile d'être de ceux qui restent. Je sais qu'il est hasardeux et violent de tenter de comprendre. Je sais que pour tous ceux là, le chemin de l'avenir s'ouvre sans toi. 

Adieu champion ! 

 

ALEP ROUGE SANG

La Syrie fut l'un des plus beaux endroits de la planète. Alep, la vieille ville, classée patrimoine mondial de l'humanité bien avant le 21ème siècle (dans les années 80). Qu'en reste t-il ? La guerre l'a saupoudrée de ses bombes incessantes. Cette saloperie de guerre a pulvérisé des trésors de l'architecture, des hôpitaux, des écoles, et tout ce qui pourrait nous faire croire qu'il y fait encore bon vivre.

Alep est au nord du pays, et c'est là que le noyau de ce conflit s'est senti grandir dans l'horreur.Surtout actée pour le pétrole et autres ressources locales, mais officiellement déclarée pour renverser le gouvernement en place soit disant trop injuste. Mais le pilonnage de milliers de civils est-il juste ? Alep compte ses morts. 300 000 depuis cinq ans ! La trêve ? Ce sont les justiciers de l'occident qui la décide quand ils le veulent. La trêve ? Elle n'est jamais durable. La politique est désormais la honte du monde entier. Les désirs royaux des chefs en costards cravates continuent d'assassiner des innocents et nous cautionnons cela malgré nous, parce que nos mains sont vides de pouvoir. Nous sommes obligés d'accepter le joug des menteurs, la loi des nantis, le rêve des inquisiteurs, les objectifs électoraux des fous du nombrilisme. Alep la magnifique est en ruine, et après chaque attentat, on veut nous faire croire que rien n'autorise personne à se venger d'une ville ensanglantée. Là bas en Syrie, en Irak, en Afghanistan, en Lybie, ils doivent certainement penser autrement !

 

                                                                           Le centre historique d'Alep !

 Le monde est devenu fou, aussi fou qu'au temps de la guerre de cent ans ! Nous ne sommes pas en présence de royaumes, ni des plantagenêts, des valois, ou des capétiens, mais nous sommes au moins aussi cons ... Et les richissimes habitants de cette terre en veulent encore et toujours plus. Leurs allégeances à des pays belliqueux tuent des femmes, des enfants, des vieillards, pour poser leurs valises de "colons potentiels" sur une terre qui a eu le malheur d’engloutir de l'or noire, de l'uranium ou je ne sais quoi encore ... Les mêmes salopards nous ressassent à "volo" une crise qu'ils ont eux mêmes fabriqué ... Et pendant ce temps Alep rougie de son sang ! 

 

LE MOME DU BATACLAN

Je viens d'arriver dans la salle.

J'en ai rêvé, comme on peut rêver nous les gosses ! Afficher l'image d'origine

Je suis bien installé, tout près des musiciens. Il y a beaucoup de bruit. Le monsieur à côté de moi chante comme un forcené. Il doit être complètement fou, mais il a l'air gentil ! Des frissons poussent sur ma peau, je suis heureux. Mes parents sourient, il y a longtemps que je ne les avais pas vu sourire ainsi ! J'entends des notes magnifiques. Elles s'envolent si loin, si haut ... 

Maman me serre fort pour me faire partager ces moments merveilleux. C'est chouette les artistes. Je fredonne une mélodie avec le public : la la la la la ... Je me surprends à danser sur mon siège. Je suis pressé d'être adulte, parce qu'à douze ans on ne comprend pas toujours tout ! Le chanteur s'en va ... Des pétards résonnent au fond de la salle. Je suis étonné que les gens face autant de remue-ménage. Ils gênent sans doute les musiciens ! Et puis pourquoi j'entends crier ? Tout d'un coup, j'ai très peur de ce que je vois. Je me retourne sans cesse, il y a des ombres qui bougent ! Des lumières minuscules et éphémères. Des hurlements. Des pleurs. De la souffrance en flamme et des gémissements en feu.

Je me retrouve allongé par terre comme mon chien Youki quand il veut jouer, mais ce n'est pas un jeu.

Pourquoi le monsieur ne bouge plus ? 

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En une seconde je devine ce qui m'attend ! On dirait un de ces films avec plein de monde qui tombe ! J'ai compris que notre avenir était en pointillé. Les "kalaches" découpent l'air à la hache !  Je n'ai rien fait pour mériter ça ! Je suis là, je me sens tout petit, comme une mouche qui va se faire écraser.

Et puis, je me vois courir à perdre haleine. J'ai un espoir fou, celui de survivre. Plus je cours vite, plus j'ai de chance de m'en sortir. Je suis dehors puisque je sens l'air frais me caresser les narines ! Je suis sauvé !!!!

Où sont papa et maman ? 

Ouf, les voilà ! 

Je suis le môme du bataclan ... 

 






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