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ROMAIN BACON A TOUT COMPRIS

A 24 ans, tout espoir est encore permis !

Romain BACON est né le 8 mars 1990 à Blanc Mesnil en Seine st Denis.

Il vient de passer trois saisons chez les pros. Le gars du 9.3 a sillonné une voie chaotique chez Big Mat AUBER 93, mais paradoxalement, il a compris beaucoup de choses, au point de rêver d'inverser la tendance. Il se souvient volontiers qu'en minime, en 2004, il fit des débuts très remarqués, et jusqu'à la catégorie junior 2 en 2008, Romain oeuvra pour la reconnaissance de son club de cœur, le team cycliste de la Courneuve. En 2009, chez les espoirs, il devint un pilier de l'équipe DN2 d'Aubervilliers, avant d'atteindre son objectif et de monter à l'étage suprême en janvier 2011 ! Ses qualités de rouleurs lui permirent et lui permettent aujourd'hui encore de faire des prouesses. Les souvenirs les plus roses lui reviennent : "Mon titre de champion de France du contre la montre junior en 2008, restera pour moi un immense moment de plaisir ! Mais je me rappelle aussi de ma 9ème place (après 3 crevaisons) du Paris-Roubaix junior la même année, et de mes voyages avec l'équipe de France en Afrique du sud, en république tchèque ou en Italie. Tout cela est à jamais figé dans ma mémoire ..."

Un beau maillot de champion de France pour Romain BACON, celui du contre la montre juniors en 2008 

 Romain BACON est bien connu pour être un type sympa, trop peut-être, parce qu'il est bien conscient aussi, que le milieu pro ne lui a pas fait le moindre cadeau. En effet, après une première saison de baroudeur ( il figura dans quelques échappées au long cours), acceptant avec philosophie d'être revu, il constata qu'à ce niveau il y avait énormément d'arrivées au sprint. En 2012, il dut subir la loi de la malchance qui l'a jeté à terre deux fois, pour une fracture du scaphoïde en mars et une autre du poignet en juillet ! Cette malchance fut le vecteur d'une baisse de moral assez légitime pour l'emmener vers un sentiment d'infériorité. Romain méritait sans doute mieux et à la fin de son expérience professionnelle, il s'est souvenu du principal échec de sa carrière : " En 2011, à Ankara en Turquie, je fais 11ème du championnat d'Europe du contre la montre espoirs, à une minute du vainqueur. J'étais devant tout le monde à tous les pointages avant de chuter lourdement sur la chaussée humide (ma roue avant a décroché à 60 km/h ...) c'est le regret de ma vie !

La malchance avait encore frappé. Il suffit parfois d'un rien pour transformer une bonne performance en un titre exceptionnel ! Romain BACON est aujourd'hui dans une nouvelle spirale positive. Au team Vulco (aux portes de Lyon), un chemin nouveau va se tracer devant lui : "Ils ont confiance en moi, c'est important, je veux être à la hauteur de leur attente. Ce club est dirigé par des gens passionnés, c'est agréable." Il sait désormais que chez les pros il a eu sa chance et qu'il est parfois difficile de se rendre compte que cette chance est peut-être passée : "Je n'ai rien à reprocher à l'équipe Big Mat Auber 93, Stéphane JAVALET est un bon patron. Il parvient toujours à garder un groupe à flot depuis tant d'années, c'est un signe. Mes blessures m'ont empêché de me donner à 100% quand il le fallait. J'ai compris que le haut niveau n'accorde ni répit, ni à peu près. Je suis conscient de ne pas avoir tout donné physiquement, souvent par peur d'exploser. Il eut fallu que je casse ce blocage qui m'a empêché d'aller plus loin, je n'y suis pas parvenu. Ce sera difficile, mais j'ai envie de me prouver que j'en suis capable !

Les deuxièmes chances existent Romain, c'est déjà arrivé bien des fois.

Romain BACON est un grand rouleur, son titre européen non consommé est toujours tapis en lui, comme un gage de retour sur le devant de la scène. Si ce jour là sa roue avant ne s'était pas dérobée sous lui, sans doute que le garçon serait un professionnel accompli et bien en place. Dans son "pays de Savoie", à Viviers le Lac où il  réside, il est prêt à accumuler les kilomètres pour se venger de lui même et d'un sort peut-être un peu trop taquin. Le "grand" est célibataire depuis quelques semaines, sa relation avec une skieuse n'a pas résisté, il est plutôt pragmatique face à ce genre d'évènements : "La vie et le sport c'est pareil, il y a des hauts et des bas ! Si j'ai des choses à prouver c'est maintenant, mes succès ont toujours été précédé d'échecs. Je prends ça comme un atout !"

Le team Vulco a fait une bonne recrue, c'est certain, Romain BACON a envie de donner le meilleur de lui même, et ça c'est déjà énorme vu le talent du garçon. 

 

SOTCHI LA HONTE

La plupart des athlètes émérites sont quasiment méconnus, comme ceux qui guerroient tous les quatre ans, sur les parcours enneigés ou glacés des jeux olympiques. 2014, Sotchi, la Russie de Poutine, l'homme que tout le monde montre du doigt, mais que les chefs d'états du monde entier "acceptent" en feignant de ne pas voir la vérité en face. Cette Russie là accueille le rendez-vous des champions médiatiquement passagers. Heureusement, les skis glissent quand même, malgré les spectateurs en tee-shirt, à quelques mètres de l'action ! Les jeux d'hiver dans une station balnéaire, 20°C, une neige artificielle qui ne s'embarrassent pas de flocons, des habitants fiers d'être les hôtes d'une des plus grandes manifestation sportive de la planète.

Une des plus grande entaille à la dignité humaine aussi ... La réalité ?

A hauteur de 37 milliards d'euros, la Russie assomme le monde par l'insolence de son quasi dictateur, et s'offre les jeux les plus onéreux de l'histoire ! 

Les travaux obligés pour parvenir à sortir de terre un site olympique, ont ruiné l'espérance de nombreuses familles locales. L'abri de leur maison n'est plus d'actualité, une destruction sans vergogne, des images du passé à jamais figées dans leurs regards remplis de soumission. Ces pauvres gens ont tout à coup été parachutés dans des cages à lapins, pour faire de la place au bon vouloir de sa "majesté".

Dans toutes les émissions de télé, les intellos régulièrement invités, les donneurs de leçons permanent, avancent l'idée qu'un boycott eut été judicieux. Ce boycott eut plutôt pour effet de frustrer ces sportifs magnifiques qui n'ont que les jeux, tous les quatre ans, pour se mettre subrepticement dans la lumière. Ils n'ont pas la médiatisation démesurée de la ligue 1 de football et ses millions d'euros distribués comme des petits pains, à des gamins parfois médiocres et irrespectueux. Ma vérité est que, au moment du choix du pays organisateur, le comité olympique international devrait y regarder à deux fois avant d'accorder à qui que ce soit l'immense privilège d'accueillir ce spectacle merveilleux. L'argent fait bander le CIO, pendant que Vladimir Poutine fait la propagande de la Russie sans se soucier de son peuple en grande souffrance. Le monde marche sur la tête, la liberté d'expression se meurt, les lobbys de toutes sortes jouent avec nos vies, les politiques mangent dans la gamelle des puissants, les droits de l'homme sont bafoués par la misère qui s'étend, pendant que des dépenses pharaoniques continuent de se foutre de la crise endémique.

Dans ce contexte de la honte, le reflet de notre société du 21ème siècle nous crache à la gueule ! Respect à tous les jeunes athlètes de Sotchi et notamment à Martin Fourcade notre champion en or, mais honte au CIO, et à tous ceux qui cautionnent ce pitoyable choix !

S Q Y, AU BONHEUR DE JEFF

 

                                                                         La France a un vrai vélodrome ... enfin !

 

- Près de Versailles, à St Quentin en Yvelines, rue Laurent Fignon (merveilleux hommage au champion), à 20 kms de la porte de St Cloud et 25 bornes du centre de Paris. 

Jeff ? C'est Jean-François Guiborel ! né à Ménilmontant-Paris 20ème, le 25 juillet 1954. Il habite à Suresnes avec son épouse, avec qui il a eu 3 enfants, lesquels lui ont offert 3 petits enfants.

Le projet de SQY a résisté à la non acceptation de la candidature de Paris pour les JO de 2012 (il fut le seul), qui finalement échurent à Londres. En se présentant spontanément à Arnaud Zumania, le futur responsable du site, lors d'une remise de prix FFC au théâtre de St Quentin en Yvelines l'hiver 2012-2013, il a offert un beau cadeau à tous les amateurs de cyclisme en général, et aux fondus de la piste en particulier. En effet, Arnaud Zumania fut séduit par le parcours du prétendant. Après un baptême de piste à l'INSEP, une invitation sur l'étape chrono du tour 2012 au mont St Michel, et une présentation de son vélodrome à l'émission de Gérard Holtz, l'affaire fut règlée.

L'homme providentiel pour que le projet d'une piste couverte en région parisienne puisse prendre son envol, c'est Jeff ! Qui mieux que lui eut pu effectuer cette mission, en y prenant un réel plaisir ? Sans doute bien peu de monde en vérité ! Sa qualité de coordonnateur des activités cyclistes lui sied à merveille. -"Je dois sensibiliser le grand public à la pratique de la piste et du BMX" dit-il. Il sera aussi d'une aide précieuse pour l'organisation des évènements.

 

 

Jean François GUIBOREL, le plaisir de rendre aux autres ce que des hommes lui ont offert.

 C'est aussi un homme de bientôt 60 ans qui aime le cyclisme depuis toujours. Depuis que son père, privé de plaisirs durant la seconde guerre mondiale, a décidé d'en offrir le maximum à ses trois fils. Le vélo a servi sans compter le plus jeune d'entres eux, Jean François. C'est 98 victoires sur route, dont Paris-Vierzon ! 140 sur piste, dont un titre mondial militaire de poursuite olympique avec Patrick Cluzaud, Jacques Bossis et Michel Zucarelli. Plusieurs titres de champion de France et d'Ile de France. Il fut un sociétaire à part entière de l'équipe de France piste de 74 à 78, avec en prime une pré-sélection aux JO de Montréal en 1976 ! Il a participé à tous les grands six jours européens amateurs, avec quelques places de leader et des victoires d'étapes à la clé. Tout ça pour dire que l'homme est bien à sa place dans ce projet.

Les "pistards" de Paname, dans les années 70-80, ont goutté aux anciens anneaux devenus vestiges. La cipale et les vélodromes cimentés de banlieue et de campagne, Aulnay sous bois, Champagne sur seine, Vincennes, Montargis et j'en passe, sont devenus des souvenirs enfouis dans une belle bulle de partage et d'amitiés. En France, celui de Grenoble, avec sa couverture d'un autre temps, a accueilli les fameux six jours du même nom et le spectacle qui va avec. Eddy Merckx en personne était un habitué du rendez-vous isérois, où Bernard Thévenet y avait ses ronds de serviettes. Tous les maillots jaunes y étaient conviés, mais Grenoble a vieilli depuis les jeux olympiques d'hiver de 68, le cyclisme sur piste et les rendez-vous à l'américaine sont passés à la postérité.

Ce spectacle là manque pourtant au cyclisme moderne. La piste "rétrécie "de l'INSEP ne suffisait pas. Celle de Bercy n'a jamais été spécifique au cyclisme, l'endroit étant plus connu pour ses concerts de héros à la guitare magique, ou de débraillés à la mode artistique en vogue ... Bercy est un palais omnisports, comme son nom l'indique, enfin plutôt "omnitout", ce qui laisse peu de place aux égos "cuissardés" qui se déchirent à la force du jarret. Le vélodrome de St Quentin en Yvelines est un bijou ! Il est tout acquit à la cause des cinglés de la bicyclette. Il est d'hors et déjà imprégné du rythme des pédaliers derniers cris et des cadres profilés à la légèreté insolente. En longeant la bande bleue cruellement intouchable, les sprinters retrouveront un bol d'oxygène qu'ils croyaient à jamais perdu. Jean François Guiborel a sanglé sa mémoire à cet édifice de toute beauté. Il se souvient de ces merveilleux moments passés avec ses amis, sur d'autres théâtres cyclistes, où les têtes s'enivraient de circonvolutions multiples. Une autre époque certes, mais la piste mériterait bien de renaître. Avec ses spécialistes, ses amoureux de la relance, et ses poètes du parquet chantant. St Quentin en Yvelines a pris une option pour redonner du plaisir aux passionnés. 


"Non Jeff t'es pas tout seul", comme le hurlait l'immense Brel, un autre maitre Jacques ...

Depuis 1980, quand Jean François arrêta le haut niveau, les postes à responsabilités se sont succédés. Responsable département compétition chez Peugeot cycles (80-92), directeur promotion et communication à la FFC (93-94), directeur communication chez Maxi-sports (95-99), chargé de mission cyclisme au conseil général des hauts de seine (2000-2004) et responsable de liaisons chez SPEEDO-courses (2005-2013). Au bonheur des rencontres, celles d'une vie. Jean François Guiborel sait à qui il doit ce parcours: - Ceux qui m'ont marqué et fait ce que je suis aujourd'hui ? C'est Michel SCOB mon premier éducateur, André BOSCAGE mon premier entraineur, Mickey WIEGANT directeur sportif à l'ACBB, René BEILLON et Didier HURE chez Peugeot, Louis NUCERA l'écrivain, et Gérard HOLTZ le journaliste.

Du fonds de leur retraite, Daniel Morelon et Pierre Trentin, les champions olympiques du tandem à Mexico en 68, doivent se dire qu'ils auraient adoré travailler à SQY. Les coursiers d'aujourd'hui doivent en être fiers, tout autant que conscients. Jamais un tel outil n'a été mis à la disposition de nos athlètes au geste arrondi, et aujourd'hui, redorer le blason de ce sport souvent bafoué et décrié, passe par la conscience de posséder cet endroit féérique ! Un encadrement digne et motivé, des gosses plein de vie, une synergie impeccable, et c'est reparti pour cent tours ! Ces fameux tours de piste que l'on aime ...puissent les bruits de cloches annonçant le dernier, résonner longtemps encore ! Une journée porte ouverte est annoncée les 1er et 2 février. Elle augmentera le capital sympathie de ce monument, qui au fil du temps, pourrait bien être sacralisé.

Nul doute que Jean François Guiborel a toutes les compétences pour y contribuer.

 

GUILLAUME JUDAS, LE TALENT N'A PAS D'AGE

On ne peut pas dire que le temps qui passe soit l'ami de l'être humain. Pourtant, certains d'entres nous, essaient de faire durer les plaisirs de jeunesse. Guillaume Judas est un de ceux là. Il est né le 15 juillet 1970 à Paris, il a donc 43 ans. Rien d'affolant bien sûr, on dit même que la quarantaine est plutôt merveilleuse, et même que la force atteint son apogée à ce moment là. Celà dépend tout de même des rêves qui sont les nôtres. En 2013, Guillaume Judas défie le temps, en montant à nouveau en première catégorie, là où il fut un maître, il y a déja quelques saisons.

 

 Guillaume et sa petite famille vivent à Villebon sur yvette. Avec sa compagne Virginie, et Lilou un petit bout de choux de deux ans, il trouve son équilibre. Il est journaliste de métier, il fut même rédacteur en chef du magazine "cyclo passion" jusqu'en février dernier. Depuis, il a décidé de reprendre sa liberté pour devenir un "free lance" ambitieux. Il va tenter d'accéder à des projets pas encore concrétisés. La carrière de ce champion fut cahotique, notamment en ce qui concerne le nombre de clubs fréquentés (une bonne dizaine). Mais elle fut magnifique, lorsque l'on regarde son palmarès, riche de 122 victoires à ce jour ! Qui aujourd'hui peut se vanter d'avoir accrocher de tels trophées en amateurs ? Quelques uns sans doute, mais pas un régiment !

Vainqueur du tour de Franche Comté 97, de la Ronde des Vosges 97, de la Ronde Mayennaise 97, du Grand Prix de Fougères 99 et 2000, du Grand prix de Ligugé 99 (manche DN1), de Tarbes-Sauveterre 2000 (manche DN1), des Boucles de la Loire 2000 et 2006, du célèbre Ruban Granitier Breton 2001, d'une épreuve de la mi-aout bretonne 2001, devant les pros ! En 2001, il est d'ailleurs reconnu officiellement comme le numéro 1 des élites de la FFC ! Il remporte ensuite le Paris-Connerré 2002, ou encore Redon-Redon 2007 et cerise sur le gâteau, comme pour couronner le tout, il devient champion du monde masters en 2006 ! Avec les pros, il termina également 6ème du tour du Finistère et 11ème du tour de l'Ain, il y a de quoi se mettre au coin du feu et se laisser faire par le farniente ...Guillaume lui, a décidé de continuer :-Je remonte peut-être en 1ère à 43 ans, mais il y a d'autres "vieux", je ne suis pas tout seul ! Debrabant dans le nord a 48 ans, Balland dans l'est en a 45, et les bretons comme Kerneis 43 ans aussi et même 52 piges pour Le Taillandier !!!

Il est certain que Guillaume Judas a du répondant, son plaisir de rouler est tel, que rien ne peut l'empêcher d'avancer. - J'aime beaucoup de choses dans la vie, comme le ciné, les voyages, la lecture, la géographie, l'histoire, les bagnoles, les montres ...mais depuis la naissance de ma fille, j'avoue que je ne fais que survoler tout ça ! Je préfère la voir grandir et n'avoir pour seule réelle passion le vélo.

Le vélo a mangé tout le reste, depuis qu'il a signé sa première licence en cadet 1, à Villebon, là même où il a trouvé domicile aujourd'hui. Un vrai retour à la source de ses envies, pas encore taries. Sa première année, c'était en 85, puis il aligna les maillots et les couleurs, le RSC Champigny, le CSM Puteaux, Antony Berny Cycliste, le VS Chartres par deux fois, Chateauroux, Persan, Jean Floc'h et Corbeil pour un intermède très court de trois mois. Il fit un break en 2008 et 2009, avant de relancer la machine au Team de Serge Bonnat en 2010 jusqu'à aujourd'hui. - J'ai repris la compet en 2010, parce que les sensations n'étaient plus les mêmes sans courir. J'adore rouler seul, me faire mal. Ca semble égoïste et ça l'est sans doute, mais j'aime aussi partager autour de ce sujet. Certaines de mes victoires sont si belles, que je n'imaginais pas les gagner ! Au début, en première, j'ai pris des sacrées claques. Ma grande satisfaction est de m'être construit pratiquement seul grâce à mon abnégation. Une sortie à vélo pour moi, c'est un vrai bonheur !

Après avoir entendu les mots de Guillaume Judas, on peut largement comprendre que les victoires, les récompenses, ce n'est plus ce qu'il recherche. S'il est encore présent dans les pelotons, c'est pour assouvir son besoin de parcourir les campagnes, grimper un col seul dans le silence, rouler pendant des heures dans cet espace de liberté qui est le sien. Guillaume Judas a surement beaucoup de talent, mais il a aussi énormément travaillé pour être ce qu'il est, un amoureux du cyclisme comme il y en a peu.

 

L'EXIL DE VINCENT GIRARDIN

 

Vincent Girardin est éxilé au Rwanda ! Vince pour les copains, Mc Fly pour les amis de facebook ! Le gars sympa qui porte aujourd'hui encore les couleurs de l'AS Corbeil-Essonnes, sa neuvième licence chez les "verts", est au fin fond de l'Afrique pour jouer au mécano, tout en continuant de faire ce qu'il aime, du vélo ! 

                 A ses débuts en 1998, c'est à Igny Palaiseau qu'il appose son premier paraphe, jusqu'en 2000, puis à Créteil en 2001, à Orsay en 2002 et 2003, mais c'est à Corbeil ensuite, qu'il trouvera la stabilité sportive. Il a choisi de partir pour quelques mois, afin d'éviter le ronron de la vie quotidienne. Après quelques pensées australiennes (il avait envisagé de partir aux antipodes pour faire du vélo en se trouvant des petits boulots alimentaires), Vince a décidé d'abandonner l'idée, parce que trop floue et trop peu réfléchie. Pourtant, il ne se pose pas de questions très longtemps lorsque l'Afrique se présente à lui ! Jimmy, un de ses amis, lui propose de partir. Là maintenant ? Le temps de s'occuper des nécessités administratives, et hop, le Rwanda devient son nouveau domicile provisoire !

Le célibataire de Bois d'Arcy n'a pas beaucoup de comptes à rendre, alors comme il était dans une phase de réflexion, il s'envole sur african air. Né le 23 avril 1985 à Versailles, il s'éloigne de la vie de chateau pour s'offrir de belles claques dans la gueule, et ça fait du bien ..."L'Afrique était loin de mes pensées, mais aujourd'hui je ne regrette pas cette belle expérience !" Vincent Girardin voudrait ouvrir un magasin de cycles plus tard, après son retour en France, mais il n'est pas pressé, puisque l'insouciance est bien souvent synonyme de jeunesse. Ok pour l'avenir ! Etre son propre patron lui semble envisageable et plus raisonnable, à condition d'y réfléchir après avoir vécu pleinement le présent. En attendant, c'est dans un pays lointain, entouré de gens simples et attachants, que le coureur francilien a ouvert ses bras et son coeur. Avant que la trentaine ne le rende peut-être plus pragmatique, le garçon s'éclate avec des coureurs locaux, puisqu'il est devenu l'un des mécanos officiels de l'équipe nationale rwandaise.

A des années lumières de la petite vie tranquille de l'européen moyen, l'eau et l'electricité sont des luxes d'un modernisme étonnant ! Lui, le fou de moto, des vélos derniers cris, cotoient régulièrement les champions du coin, qui doivent grimper les montagnes avec un poids de 15 kilos comme compagnon de chevauchée ! C'est ça le Rwanda, l'eau courante et potable c'est selon, mais pas pour tous ...

Son patron ? C'est Jack Boyer, un ancien pro américain, créateur du "Team Rwanda", entouré de professionnels discrets, qui pédalent pour manger et faire vivre leur famille. Tout ce petit monde vit à 2000 m d'altitude, dans les souvenirs sanglants d'un peuple ravagé par un génocide hallucinant (près d'un million de mort) en 1994 ! Les "tootsies" massacrés sous le regard désintéressé et sournois des riches occidentaux. La réalité fait peur, mais c'est la réalité.

Vincent Girardin fut surpris à son arrivée :"Les rwandais sont simples et ne véhiculent aucune haine !" Peut-être devrait-on s'en inspirer pour ne pas sombrer dans la "conformiste attitude" ... Là bas, Vince trouve une sorte de plénitude, même si il avoue volontiers que ses parents, sa famille, ses amis, les bonnes bouffes, lui manquent terriblement. Le miracle est parfois de se sentir bien dans des endroits que l'on croyaient hostiles. J'ai le sentiment que Vincent Girardin a compris beaucoup de choses au contact de ces gens qui ne demandent qu'à vivre. En juillet, de retour à Bois d'Arcy, au fond de lui, il n'aura probablement pas uniquement le plaisir de retrouver ses proches, mais surement des souvenirs merveilleux plein la tête ...






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