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S Q Y, AU BONHEUR DE JEFF

 

                                                                         La France a un vrai vélodrome ... enfin !

 

- Près de Versailles, à St Quentin en Yvelines, rue Laurent Fignon (merveilleux hommage au champion), à 20 kms de la porte de St Cloud et 25 bornes du centre de Paris. 

Jeff ? C'est Jean-François Guiborel ! né à Ménilmontant-Paris 20ème, le 25 juillet 1954. Il habite à Suresnes avec son épouse, avec qui il a eu 3 enfants, lesquels lui ont offert 3 petits enfants.

Le projet de SQY a résisté à la non acceptation de la candidature de Paris pour les JO de 2012 (il fut le seul), qui finalement échurent à Londres. En se présentant spontanément à Arnaud Zumania, le futur responsable du site, lors d'une remise de prix FFC au théâtre de St Quentin en Yvelines l'hiver 2012-2013, il a offert un beau cadeau à tous les amateurs de cyclisme en général, et aux fondus de la piste en particulier. En effet, Arnaud Zumania fut séduit par le parcours du prétendant. Après un baptême de piste à l'INSEP, une invitation sur l'étape chrono du tour 2012 au mont St Michel, et une présentation de son vélodrome à l'émission de Gérard Holtz, l'affaire fut règlée.

L'homme providentiel pour que le projet d'une piste couverte en région parisienne puisse prendre son envol, c'est Jeff ! Qui mieux que lui eut pu effectuer cette mission, en y prenant un réel plaisir ? Sans doute bien peu de monde en vérité ! Sa qualité de coordonnateur des activités cyclistes lui sied à merveille. -"Je dois sensibiliser le grand public à la pratique de la piste et du BMX" dit-il. Il sera aussi d'une aide précieuse pour l'organisation des évènements.

 

 

Jean François GUIBOREL, le plaisir de rendre aux autres ce que des hommes lui ont offert.

 C'est aussi un homme de bientôt 60 ans qui aime le cyclisme depuis toujours. Depuis que son père, privé de plaisirs durant la seconde guerre mondiale, a décidé d'en offrir le maximum à ses trois fils. Le vélo a servi sans compter le plus jeune d'entres eux, Jean François. C'est 98 victoires sur route, dont Paris-Vierzon ! 140 sur piste, dont un titre mondial militaire de poursuite olympique avec Patrick Cluzaud, Jacques Bossis et Michel Zucarelli. Plusieurs titres de champion de France et d'Ile de France. Il fut un sociétaire à part entière de l'équipe de France piste de 74 à 78, avec en prime une pré-sélection aux JO de Montréal en 1976 ! Il a participé à tous les grands six jours européens amateurs, avec quelques places de leader et des victoires d'étapes à la clé. Tout ça pour dire que l'homme est bien à sa place dans ce projet.

Les "pistards" de Paname, dans les années 70-80, ont goutté aux anciens anneaux devenus vestiges. La cipale et les vélodromes cimentés de banlieue et de campagne, Aulnay sous bois, Champagne sur seine, Vincennes, Montargis et j'en passe, sont devenus des souvenirs enfouis dans une belle bulle de partage et d'amitiés. En France, celui de Grenoble, avec sa couverture d'un autre temps, a accueilli les fameux six jours du même nom et le spectacle qui va avec. Eddy Merckx en personne était un habitué du rendez-vous isérois, où Bernard Thévenet y avait ses ronds de serviettes. Tous les maillots jaunes y étaient conviés, mais Grenoble a vieilli depuis les jeux olympiques d'hiver de 68, le cyclisme sur piste et les rendez-vous à l'américaine sont passés à la postérité.

Ce spectacle là manque pourtant au cyclisme moderne. La piste "rétrécie "de l'INSEP ne suffisait pas. Celle de Bercy n'a jamais été spécifique au cyclisme, l'endroit étant plus connu pour ses concerts de héros à la guitare magique, ou de débraillés à la mode artistique en vogue ... Bercy est un palais omnisports, comme son nom l'indique, enfin plutôt "omnitout", ce qui laisse peu de place aux égos "cuissardés" qui se déchirent à la force du jarret. Le vélodrome de St Quentin en Yvelines est un bijou ! Il est tout acquit à la cause des cinglés de la bicyclette. Il est d'hors et déjà imprégné du rythme des pédaliers derniers cris et des cadres profilés à la légèreté insolente. En longeant la bande bleue cruellement intouchable, les sprinters retrouveront un bol d'oxygène qu'ils croyaient à jamais perdu. Jean François Guiborel a sanglé sa mémoire à cet édifice de toute beauté. Il se souvient de ces merveilleux moments passés avec ses amis, sur d'autres théâtres cyclistes, où les têtes s'enivraient de circonvolutions multiples. Une autre époque certes, mais la piste mériterait bien de renaître. Avec ses spécialistes, ses amoureux de la relance, et ses poètes du parquet chantant. St Quentin en Yvelines a pris une option pour redonner du plaisir aux passionnés. 


"Non Jeff t'es pas tout seul", comme le hurlait l'immense Brel, un autre maitre Jacques ...

Depuis 1980, quand Jean François arrêta le haut niveau, les postes à responsabilités se sont succédés. Responsable département compétition chez Peugeot cycles (80-92), directeur promotion et communication à la FFC (93-94), directeur communication chez Maxi-sports (95-99), chargé de mission cyclisme au conseil général des hauts de seine (2000-2004) et responsable de liaisons chez SPEEDO-courses (2005-2013). Au bonheur des rencontres, celles d'une vie. Jean François Guiborel sait à qui il doit ce parcours: - Ceux qui m'ont marqué et fait ce que je suis aujourd'hui ? C'est Michel SCOB mon premier éducateur, André BOSCAGE mon premier entraineur, Mickey WIEGANT directeur sportif à l'ACBB, René BEILLON et Didier HURE chez Peugeot, Louis NUCERA l'écrivain, et Gérard HOLTZ le journaliste.

Du fonds de leur retraite, Daniel Morelon et Pierre Trentin, les champions olympiques du tandem à Mexico en 68, doivent se dire qu'ils auraient adoré travailler à SQY. Les coursiers d'aujourd'hui doivent en être fiers, tout autant que conscients. Jamais un tel outil n'a été mis à la disposition de nos athlètes au geste arrondi, et aujourd'hui, redorer le blason de ce sport souvent bafoué et décrié, passe par la conscience de posséder cet endroit féérique ! Un encadrement digne et motivé, des gosses plein de vie, une synergie impeccable, et c'est reparti pour cent tours ! Ces fameux tours de piste que l'on aime ...puissent les bruits de cloches annonçant le dernier, résonner longtemps encore ! Une journée porte ouverte est annoncée les 1er et 2 février. Elle augmentera le capital sympathie de ce monument, qui au fil du temps, pourrait bien être sacralisé.

Nul doute que Jean François Guiborel a toutes les compétences pour y contribuer.

 

GUILLAUME JUDAS, LE TALENT N'A PAS D'AGE

On ne peut pas dire que le temps qui passe soit l'ami de l'être humain. Pourtant, certains d'entres nous, essaient de faire durer les plaisirs de jeunesse. Guillaume Judas est un de ceux là. Il est né le 15 juillet 1970 à Paris, il a donc 43 ans. Rien d'affolant bien sûr, on dit même que la quarantaine est plutôt merveilleuse, et même que la force atteint son apogée à ce moment là. Celà dépend tout de même des rêves qui sont les nôtres. En 2013, Guillaume Judas défie le temps, en montant à nouveau en première catégorie, là où il fut un maître, il y a déja quelques saisons.

 

 Guillaume et sa petite famille vivent à Villebon sur yvette. Avec sa compagne Virginie, et Lilou un petit bout de choux de deux ans, il trouve son équilibre. Il est journaliste de métier, il fut même rédacteur en chef du magazine "cyclo passion" jusqu'en février dernier. Depuis, il a décidé de reprendre sa liberté pour devenir un "free lance" ambitieux. Il va tenter d'accéder à des projets pas encore concrétisés. La carrière de ce champion fut cahotique, notamment en ce qui concerne le nombre de clubs fréquentés (une bonne dizaine). Mais elle fut magnifique, lorsque l'on regarde son palmarès, riche de 122 victoires à ce jour ! Qui aujourd'hui peut se vanter d'avoir accrocher de tels trophées en amateurs ? Quelques uns sans doute, mais pas un régiment !

Vainqueur du tour de Franche Comté 97, de la Ronde des Vosges 97, de la Ronde Mayennaise 97, du Grand Prix de Fougères 99 et 2000, du Grand prix de Ligugé 99 (manche DN1), de Tarbes-Sauveterre 2000 (manche DN1), des Boucles de la Loire 2000 et 2006, du célèbre Ruban Granitier Breton 2001, d'une épreuve de la mi-aout bretonne 2001, devant les pros ! En 2001, il est d'ailleurs reconnu officiellement comme le numéro 1 des élites de la FFC ! Il remporte ensuite le Paris-Connerré 2002, ou encore Redon-Redon 2007 et cerise sur le gâteau, comme pour couronner le tout, il devient champion du monde masters en 2006 ! Avec les pros, il termina également 6ème du tour du Finistère et 11ème du tour de l'Ain, il y a de quoi se mettre au coin du feu et se laisser faire par le farniente ...Guillaume lui, a décidé de continuer :-Je remonte peut-être en 1ère à 43 ans, mais il y a d'autres "vieux", je ne suis pas tout seul ! Debrabant dans le nord a 48 ans, Balland dans l'est en a 45, et les bretons comme Kerneis 43 ans aussi et même 52 piges pour Le Taillandier !!!

Il est certain que Guillaume Judas a du répondant, son plaisir de rouler est tel, que rien ne peut l'empêcher d'avancer. - J'aime beaucoup de choses dans la vie, comme le ciné, les voyages, la lecture, la géographie, l'histoire, les bagnoles, les montres ...mais depuis la naissance de ma fille, j'avoue que je ne fais que survoler tout ça ! Je préfère la voir grandir et n'avoir pour seule réelle passion le vélo.

Le vélo a mangé tout le reste, depuis qu'il a signé sa première licence en cadet 1, à Villebon, là même où il a trouvé domicile aujourd'hui. Un vrai retour à la source de ses envies, pas encore taries. Sa première année, c'était en 85, puis il aligna les maillots et les couleurs, le RSC Champigny, le CSM Puteaux, Antony Berny Cycliste, le VS Chartres par deux fois, Chateauroux, Persan, Jean Floc'h et Corbeil pour un intermède très court de trois mois. Il fit un break en 2008 et 2009, avant de relancer la machine au Team de Serge Bonnat en 2010 jusqu'à aujourd'hui. - J'ai repris la compet en 2010, parce que les sensations n'étaient plus les mêmes sans courir. J'adore rouler seul, me faire mal. Ca semble égoïste et ça l'est sans doute, mais j'aime aussi partager autour de ce sujet. Certaines de mes victoires sont si belles, que je n'imaginais pas les gagner ! Au début, en première, j'ai pris des sacrées claques. Ma grande satisfaction est de m'être construit pratiquement seul grâce à mon abnégation. Une sortie à vélo pour moi, c'est un vrai bonheur !

Après avoir entendu les mots de Guillaume Judas, on peut largement comprendre que les victoires, les récompenses, ce n'est plus ce qu'il recherche. S'il est encore présent dans les pelotons, c'est pour assouvir son besoin de parcourir les campagnes, grimper un col seul dans le silence, rouler pendant des heures dans cet espace de liberté qui est le sien. Guillaume Judas a surement beaucoup de talent, mais il a aussi énormément travaillé pour être ce qu'il est, un amoureux du cyclisme comme il y en a peu.

 

L'EXIL DE VINCENT GIRARDIN

 

Vincent Girardin est éxilé au Rwanda ! Vince pour les copains, Mc Fly pour les amis de facebook ! Le gars sympa qui porte aujourd'hui encore les couleurs de l'AS Corbeil-Essonnes, sa neuvième licence chez les "verts", est au fin fond de l'Afrique pour jouer au mécano, tout en continuant de faire ce qu'il aime, du vélo ! 

                 A ses débuts en 1998, c'est à Igny Palaiseau qu'il appose son premier paraphe, jusqu'en 2000, puis à Créteil en 2001, à Orsay en 2002 et 2003, mais c'est à Corbeil ensuite, qu'il trouvera la stabilité sportive. Il a choisi de partir pour quelques mois, afin d'éviter le ronron de la vie quotidienne. Après quelques pensées australiennes (il avait envisagé de partir aux antipodes pour faire du vélo en se trouvant des petits boulots alimentaires), Vince a décidé d'abandonner l'idée, parce que trop floue et trop peu réfléchie. Pourtant, il ne se pose pas de questions très longtemps lorsque l'Afrique se présente à lui ! Jimmy, un de ses amis, lui propose de partir. Là maintenant ? Le temps de s'occuper des nécessités administratives, et hop, le Rwanda devient son nouveau domicile provisoire !

Le célibataire de Bois d'Arcy n'a pas beaucoup de comptes à rendre, alors comme il était dans une phase de réflexion, il s'envole sur african air. Né le 23 avril 1985 à Versailles, il s'éloigne de la vie de chateau pour s'offrir de belles claques dans la gueule, et ça fait du bien ..."L'Afrique était loin de mes pensées, mais aujourd'hui je ne regrette pas cette belle expérience !" Vincent Girardin voudrait ouvrir un magasin de cycles plus tard, après son retour en France, mais il n'est pas pressé, puisque l'insouciance est bien souvent synonyme de jeunesse. Ok pour l'avenir ! Etre son propre patron lui semble envisageable et plus raisonnable, à condition d'y réfléchir après avoir vécu pleinement le présent. En attendant, c'est dans un pays lointain, entouré de gens simples et attachants, que le coureur francilien a ouvert ses bras et son coeur. Avant que la trentaine ne le rende peut-être plus pragmatique, le garçon s'éclate avec des coureurs locaux, puisqu'il est devenu l'un des mécanos officiels de l'équipe nationale rwandaise.

A des années lumières de la petite vie tranquille de l'européen moyen, l'eau et l'electricité sont des luxes d'un modernisme étonnant ! Lui, le fou de moto, des vélos derniers cris, cotoient régulièrement les champions du coin, qui doivent grimper les montagnes avec un poids de 15 kilos comme compagnon de chevauchée ! C'est ça le Rwanda, l'eau courante et potable c'est selon, mais pas pour tous ...

Son patron ? C'est Jack Boyer, un ancien pro américain, créateur du "Team Rwanda", entouré de professionnels discrets, qui pédalent pour manger et faire vivre leur famille. Tout ce petit monde vit à 2000 m d'altitude, dans les souvenirs sanglants d'un peuple ravagé par un génocide hallucinant (près d'un million de mort) en 1994 ! Les "tootsies" massacrés sous le regard désintéressé et sournois des riches occidentaux. La réalité fait peur, mais c'est la réalité.

Vincent Girardin fut surpris à son arrivée :"Les rwandais sont simples et ne véhiculent aucune haine !" Peut-être devrait-on s'en inspirer pour ne pas sombrer dans la "conformiste attitude" ... Là bas, Vince trouve une sorte de plénitude, même si il avoue volontiers que ses parents, sa famille, ses amis, les bonnes bouffes, lui manquent terriblement. Le miracle est parfois de se sentir bien dans des endroits que l'on croyaient hostiles. J'ai le sentiment que Vincent Girardin a compris beaucoup de choses au contact de ces gens qui ne demandent qu'à vivre. En juillet, de retour à Bois d'Arcy, au fond de lui, il n'aura probablement pas uniquement le plaisir de retrouver ses proches, mais surement des souvenirs merveilleux plein la tête ...

LA PASSION SELON KELLY GAMBIER

 

"Une picarde à Paris", ce pourrait être le titre d'un roman !

 

 Kelly GAMBIER lors de la présentation du CSM Villeneuve la garenne.

 

Si Kelly Gambier a élu domicile en banlieue, à Viry Chatillon dans l'Essonne, elle naquit à Creil dans l'oise, il y a 25 ans. C'est en effet le 7 avril 1988 que sa jolie tête blonde apparut au grand jour, et à présent, aux côtés de Christophe Desbois son compagnon, elle prend la vie à pleine dent, dans l'esprit d'un bonheur simple.

Pour autant, Kelly ne se contente pas de vivre pour vivre, ses ambitions sont nombreuses et sa passion pour le cyclisme ne dévore pas toutes les autres. Elle débuta très tôt dans la compétition, à 8 ans !         Les couleurs des clubs de Liancourt, Compiègne, Nogent sur oise, Clermont et Epinay sur seine, contribuèrent à faire de Kelly une cycliste accomplie. Aujourd'hui, c'est toute de blanc vêtue, au CSM Villeneuve la garenne, un team féminin de division nationale, qu'elle continue sa carrière de sportive.     Sa saison 2013 peut enfin prendre son envol, après plusieurs semaines de doutes, causées essentiellement par une douleur à un genou qui refusait de disparaitre. Une 5ème place lors d'une épreuve nationale, il y a peu, suffit à relancer la belle francilienne d'adoption, sur la route d'un accomplissement probable.

Kelly est sous contrat avec son club, elle exerce en parallèle le métier d'animatrice au sein même de l'association. Elle aime rendre la monnaie de la confiance qu'on lui accorde par des résultats sur le vélo, une blessure n'est donc jamais la bienvenue ! Derrière son masque de gentillesse, il y a la volonté de réussir, l'envie de croquer la vie, le besoin de faire des choses. Dans quelques jours, elle prendra la direction de Nancy, pour passer les premiers tests qui la mèneront espérons-le, à intégrer l'armée de terre, puisque tel est son souhait. Elle rêve de piloter un hélicoptère, elle garde pourtant les pieds bien sur terre, elle sait que ce ne sera pas facile, mais elle ne se fait pas une montagne du travail à accomplir pour parvenir à ses fins ! Son boy friend est lui aussi dans l'armée, il aime lui aussi le cyclisme, ils étaient faits pour se rencontrer. Dans l'absolu, la vie de Kelly et celle de Christophe sont liées par des points importants, l'un des meilleurs souvenirs de Kelly étant son succès au Tour de charentes maritimes, parce que Christophe était présent ... La réussite tient souvent par le soutien des gens qui nous entourent, Kelly Gambier avec son compagnon-entraineur et aussi Jean Pierre Dutilleul (l'un des coachs de l'équipe cycliste de l'armée de terre), peut avancer tranquillement dans l'avenir.

 

Un sprint gagnant ! 

 

Les souvenirs sont aussi des vecteurs de confiance, et le port du maillot de l'équipe de France en est un merveilleux. Un jour, en Hollande, le pays des tulipes, où le cyclisme est un sport roi, elle l'a porté pour la première fois. Comme ce premier succès à l'échelon national, en 2012, une belle victoire à "La Mérignacaise", pour que les portes de l'envie s'ouvrent en grand. Finis les doutes d'un genou récalcitrant, finies les nuits difficiles et les projets stagnants, Kelly a de nouveau figé son regard vers l'avant. Elle veut se faire plaisir avant toute chose, elle refuse l'idée d'avoir des idoles, même si Nacer Bouhanni le champion de France pro et Chrystelle Ferrier-Bruneau  ("une collègue"), lui inspirent le respect.                                                                                        

Elle aime ce qu'elle fait et avec qui elle le fait,c'est ça son véritable moteur. Kelly Gambier offre une belle image du cyclisme féminin.

ANTOINE GORICHON MERITAIT BIEN CA !

Vendredi dernier, par l'intermédaire d'un ami, j'ai essayé de joindre Antoine Gorichon pour faire un petit article sur lui ! A ce moment là, je ne savais pas encore que 48 heures plus tard, il allait remporté le Prix du conseil général de l'Essonne ... Mon souhait était sans doute prémonitoire, en tous cas, c'est de belle façon que le francilien du SCO Dijon a signé son premier succès 2013.  A St Cyr la rivière, un peloton de plus de 80 coureurs de toutes catégories et de tous horizons s'est élancé pour un parcours vallonné de 135 kms. Comme dans tous les départements, les épreuves de ce niveau disparaissent une à une, alors il convient de féliciter l'organisateur pour avoir vaincu les embûches liées à une telle manifestation. C'est donc Antoine Gorichon qui a marqué de son empreinte courageuse la presque totalité de l'épreuve. D'abord en compagnie d'Adrien Legros, le jeune coureur de Chambéry, et puis seul comme un grand pour rallier l'arrivée avec 2 minutes d'avance sur ses coéquipiers Alex Gaspari et Joce Lemperrière, flanqués d'Adrien Guillonnet du VC Toucy.

 L'index levé pour faire un signe à des êtres chers disparus, Antoine Gorichon pense à tout !

Antoine est né le 5 juillet 1987 à Caen dans le calvados, aujourd'hui il réside dans le 20ème arrondissement, porte de Montreuil. Il est toujours chez ses parents, où il se sent très bien. Lorsqu'il débuta à l'age de 12 ans au club du Paris Cycliste Olympique en 1999, il ne se doutait pas que ses bagages sportifs se poseraient un jour du côté de Dijon ! Personnellement, quand je l'ai remarqué pour la première fois, il portait le maillot d'Argenteuil Val de Seine. Certes, il était désordonné dans son action, mais il dégageait déjà une puissance facilement détectable. Si le garçon semblait timide et peu enclin au partage d'émotions, j'avoue qu'à ce moment là, je me demandais bien ce qui pouvait se cacher derrière ce regard noir et distant. En fait, Antoine gagne vraiment à être connu. Il est intelligent, blagueur, sympa et plein d'autres choses que je n'imaginais pas il y a quelques années ! Apprécié de ses coéquipiers et notamment de son pote Jocelyn Lemperrière (avec lui sur la photo du bas), il est du genre à donner pour les autres autant que pour lui-même. Dans une épreuve de bon niveau, il vaut mieux l'avoir dans son camp, ça c'est sûr !  Antoine sait souffrir, mais il sait aussi offrir, c'est un gentleman coursier. Son image est à présent bien encrée dans les esprits, quand Gorichon est devant, on sait que ça va rouler !

  

 

Le môme Legros de Chambéry ne s'y est pas trompé dimanche dernier, malheureusement pour lui, il n'a pas pu tenir le rythme infernal d'Antoine le généreux ! Il n'est pas le dernier pour la rigolade non plus, et il s'amuse volontiers de la création du "team moustache" en début de saison, quand avec ses copains du SCO, il s'était fait le poil sous le nez pour les courses du soleil au mois de février ! Il aimait Pantani pour ses attaques fulgurantes, Cipollini pour sa classe, et aujourd'hui Sagan pour sa fantaisie. A côté de ça, Antoine Gorichon a un petit regret, celui de ne pas être passé pro en 2010, mais il s'atténue un peu lorsqu'il constate qu'en 2011 et 2012, il fut l'objet de blessures à répétition qui l'empêchèrent d'enfoncer le clou, et de se montrer sous son meilleur jour. S'il fait que du vélo depuis deux ans, il envisage de passer un D.E afin de rester dans le sport. Il voudrait bien continuer encore un peu au haut niveau amateur, à Dijon, où il a trouvé un petit plus nommé plaisir. Son directeur sportif, Denis Repérant, est élogieux à son sujet : "Antoine est un bon camarade, il est sérieux et attentif mais il sait aussi déconner !" L'hiver, il pratique la boxe Thaî, et toute l'année il aime écouter de la musique, sous un casque, ou pas ! Il aimerait ne pas connaitre d'ennui cette saison, et aussi réaliser ses meilleurs perfs. Antoine Gorichon avait remporté en 2010 les boucles de la marne (par étapes) devant un certain Navardauskas, un cannibale lituanien de l'époque. Il portait les couleurs du CM Auber 93, où il donnait beaucoup de lui même. Je me souviens qu'en 2012 il se classa second d'un Paris- Auxerre sous le cagnard, et aussi qu'il collectionne les places d'honneur un peu partout, y compris lors des championnats de France de demi-fonds où il excelle.

Si l'issue d'une victoire vaut par la débauche d'énergie, nul doute que celle acquise par Antoine Gorichon est sacrément méritée ...






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