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LE MOME DU BATACLAN

Je viens d'arriver dans la salle.

J'en ai rêvé, comme on peut rêver nous les gosses ! Afficher l'image d'origine

Je suis bien installé, tout près des musiciens. Il y a beaucoup de bruit. Le monsieur à côté de moi chante comme un forcené. Il doit être complètement fou, mais il a l'air gentil ! Des frissons poussent sur ma peau, je suis heureux. Mes parents sourient, il y a longtemps que je ne les avais pas vu sourire ainsi ! J'entends des notes magnifiques. Elles s'envolent si loin, si haut ... 

Maman me serre fort pour me faire partager ces moments merveilleux. C'est chouette les artistes. Je fredonne une mélodie avec le public : la la la la la ... Je me surprends à danser sur mon siège. Je suis pressé d'être adulte, parce qu'à douze ans on ne comprend pas toujours tout ! Le chanteur s'en va ... Des pétards résonnent au fond de la salle. Je suis étonné que les gens face autant de remue-ménage. Ils gênent sans doute les musiciens ! Et puis pourquoi j'entends crier ? Tout d'un coup, j'ai très peur de ce que je vois. Je me retourne sans cesse, il y a des ombres qui bougent ! Des lumières minuscules et éphémères. Des hurlements. Des pleurs. De la souffrance en flamme et des gémissements en feu.

Je me retrouve allongé par terre comme mon chien Youki quand il veut jouer, mais ce n'est pas un jeu.

Pourquoi le monsieur ne bouge plus ? 

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En une seconde je devine ce qui m'attend ! On dirait un de ces films avec plein de monde qui tombe ! J'ai compris que notre avenir était en pointillé. Les "kalaches" découpent l'air à la hache !  Je n'ai rien fait pour mériter ça ! Je suis là, je me sens tout petit, comme une mouche qui va se faire écraser.

Et puis, je me vois courir à perdre haleine. J'ai un espoir fou, celui de survivre. Plus je cours vite, plus j'ai de chance de m'en sortir. Je suis dehors puisque je sens l'air frais me caresser les narines ! Je suis sauvé !!!!

Où sont papa et maman ? 

Ouf, les voilà ! 

Je suis le môme du bataclan ... 

 

S Q Y, AU BONHEUR DE JEFF

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                                                                                                                               La France a un vrai vélodrome ... enfin !

 

 Près de Versailles, à St Quentin en Yvelines, rue Laurent Fignon (merveilleux hommage au champion), à 20 kms de la porte de St Cloud et 25 bornes du centre de Paris. 

Jeff ? C'est Jean-François Guiborel ! né à Ménilmontant-Paris 20ème, le 25 juillet 1954. Il habite à Suresnes avec son épouse, avec qui il a eu 3 enfants, lesquels lui ont offert 3 petits enfants.

Le projet de SQY a résisté à la non acceptation de la candidature de Paris pour les JO de 2012 (il fut le seul), qui finalement échurent à Londres. En se présentant spontanément à Arnaud Zumania, le futur responsable du site, lors d'une remise de prix FFC au théâtre de St Quentin en Yvelines l'hiver 2012-2013, il a offert un beau cadeau à tous les amateurs de cyclisme en général, et aux fondus de la piste en particulier. En effet, Arnaud Zumania fut séduit par le parcours du prétendant. Après un baptême de piste à l'INSEP, une invitation sur l'étape chrono du tour 2012 au mont St Michel, et une présentation de son vélodrome à l'émission de Gérard Holtz, l'affaire fut règlée.

L'homme providentiel pour que le projet d'une piste couverte en région parisienne puisse prendre son envol, c'est Jeff ! Qui mieux que lui eut pu effectuer cette mission, en y prenant un réel plaisir ? Sans doute bien peu de monde en vérité ! Sa qualité de coordonnateur des activités cyclistes lui sied à merveille. -"Je dois sensibiliser le grand public à la pratique de la piste et du BMX" dit-il. Il sera aussi d'une aide précieuse pour l'organisation des évènements.

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 Jean François GUIBOREL, toujours le même plaisir.

 

 C'est aussi un homme de bientôt 60 ans qui aime le cyclisme depuis toujours. Depuis que son père, privé de plaisirs durant la seconde guerre mondiale, a décidé d'en offrir le maximum à ses trois fils. Le vélo a servi sans compter le plus jeune d'entres eux, Jean François. C'est 98 victoires sur route, dont Paris-Vierzon ! 140 sur piste, dont un titre mondial militaire de poursuite olympique avec Patrick Cluzaud, Jacques Bossis et Michel Zucarelli. Plusieurs titres de champion de France et d'Ile de France. Il fut un sociétaire à part entière de l'équipe de France piste de 74 à 78, avec en prime une pré-sélection aux JO de Montréal en 1976 ! Il a participé à tous les grands six jours européens amateurs, avec quelques places de leader et des victoires d'étapes à la clé. Tout ça pour dire que l'homme est bien à sa place dans ce projet.

Les "pistards" de Paname, dans les années 70-80, ont goutté aux anciens anneaux devenus vestiges. La cipale et les vélodromes cimentés de banlieue et de campagne, Aulnay sous bois, Champagne sur seine, Vincennes, Montargis et j'en passe, sont devenus des souvenirs enfouis dans une belle bulle de partage et d'amitiés. En France, celui de Grenoble, avec sa couverture d'un autre temps, a accueilli les fameux six jours du même nom et le spectacle qui va avec. Eddy Merckx en personne était un habitué du rendez-vous isérois, où Bernard Thévenet y avait ses ronds de serviettes. Tous les maillots jaunes y étaient conviés, mais Grenoble a vieilli depuis les jeux olympiques d'hiver de 68, le cyclisme sur piste et les rendez-vous à l'américaine sont passés à la postérité.

Ce spectacle là manque pourtant au cyclisme moderne. La piste "rétrécie "de l'INSEP ne suffisait pas. Celle de Bercy n'a jamais été spécifique au cyclisme, l'endroit étant plus connu pour ses concerts de héros à la guitare magique, ou de débraillés à la mode artistique en vogue ... Bercy est un palais omnisports, comme son nom l'indique, enfin plutôt "omnitout", ce qui laisse peu de place aux égos "cuissardés" qui se déchirent à la force du jarret. Le vélodrome de St Quentin en Yvelines est un bijou ! Il est tout acquit à la cause des cinglés de la bicyclette. Il est d'hors et déjà imprégné du rythme des pédaliers derniers cris et des cadres profilés à la légèreté insolente. En longeant la bande bleue cruellement intouchable, les sprinters retrouveront un bol d'oxygène qu'ils croyaient à jamais perdu. Jean François Guiborel a sanglé sa mémoire à cet édifice de toute beauté. Il se souvient de ces merveilleux moments passés avec ses amis, sur d'autres théâtres cyclistes, où les têtes s'enivraient de circonvolutions multiples. Une autre époque certes, mais la piste mériterait bien de renaître. Avec ses spécialistes, ses amoureux de la relance, et ses poètes du parquet chantant. St Quentin en Yvelines a pris une option pour redonner du plaisir aux passionnés. 


"Non Jeff t'es pas tout seul", comme le hurlait l'immense Brel, un autre maitre Jacques ...

Depuis 1980, quand Jean François arrêta le haut niveau, les postes à responsabilités se sont succédés. Responsable département compétition chez Peugeot cycles (80-92), directeur promotion et communication à la FFC (93-94), directeur communication chez Maxi-sports (95-99), chargé de mission cyclisme au conseil général des hauts de seine (2000-2004) et responsable de liaisons chez SPEEDO-courses (2005-2013). Au bonheur des rencontres, celles d'une vie. Jean François Guiborel sait à qui il doit ce parcours: - Ceux qui m'ont marqué et fait ce que je suis aujourd'hui ? C'est Michel SCOB mon premier éducateur, André BOSCAGE mon premier entraineur, Mickey WIEGANT directeur sportif à l'ACBB, René BEILLON et Didier HURE chez Peugeot, Louis NUCERA l'écrivain, et Gérard HOLTZ le journaliste.

Du fonds de leur retraite, Daniel Morelon et Pierre Trentin, les champions olympiques du tandem à Mexico en 68, doivent se dire qu'ils auraient adoré travailler à SQY. Les coursiers d'aujourd'hui doivent en être fiers, tout autant que conscients. Jamais un tel outil n'a été mis à la disposition de nos athlètes au geste arrondi, et aujourd'hui, redorer le blason de ce sport souvent bafoué et décrié, passe par la conscience de posséder cet endroit féérique ! Un encadrement digne et motivé, des gosses plein de vie, une synergie impeccable, et c'est reparti pour cent tours ! Ces fameux tours de piste que l'on aime ...puissent les bruits de cloches annonçant le dernier, résonner longtemps encore ! Une journée porte ouverte est annoncée les 1er et 2 février. Elle augmentera le capital sympathie de ce monument, qui au fil du temps, pourrait bien être sacralisé.

Nul doute que Jean François Guiborel a toutes les compétences pour y contribuer.

 

GUY CRAZ, LE BON VENT DES ANNEES 80

(Le C.I.F et ses belles années)

 

A la fin des années 70 et durant les eighties, le comité d'Ile de France cycliste ( CIF) connaissait une vraie émulation, avec un grand nombre de licenciés, et aussi une pléthore d'équipe de première catégorie ! Il y avait beaucoup de monde, tellement de rivalités saines qui faisaient progresser les hommes et les structures, le tout à la sauce humaine. J'aurais pu choisir de nombreux coureurs pour rendre hommage à cette époque bénie des dieux, mais j'en ai préféré un, d'abord pour l'avoir côtoyer avec plaisir dans la vie, et ensuite pour ses qualités sportives reconnues de toutes et de tous. En ces temps de vaches grasses, Guy Craz représentait un sacré numéro, souvent noté sur les potences de ses adversaires, dans les pelotons des plus belles épreuves d'un jour courues dans l'hexagone.  

On appelait ça les classiques, aujourd'hui presque toutes disparues. Les Paris-Ezy, Paris-Evreux, Paris-Montargis, Paris-Dreux, Paris-Bagnoles de l'orne, Paris-Connerré, Paris-Auxerre, Paris-Varennes, Paris-Chauny, Le Prix de la Boucherie (circuit de Monthléry), le tour de la vallée du Sausseron, Paris-Orléans, et j'en passe beaucoup d'autres. A présent, si deux ou trois d'entres elles sont toujours inscrites au calendrier, elles ne sont que l'ombre des magnifiques combats de bandes rebelles et organisées pour que les bordures soient un joli balai parfois prémédité. De ces balais d'éventails et de files indiennes fragiles qui s'en suivaient, l'instigateur en était souvent le Guy Craz en question ! Il était né pour ça, pour combattre le vent en prenant les devants. Guy avait le nez pour positiver le sens de la girouette. D'un coup de pédale fluide et efficace, il a contribué à en faire "exploser" des coursiers de toutes sortes. Des faibles, des têtes en l'air, des fragiles, des rêveurs, et puis il a guerroyé chaque week-end face à ceux qui étaient de la même trempe. Les noms d'une liste non exhaustive viennent rapidement à l'esprit. Des attaquants, des preneurs de risques, ou bien des puncheurs tapis dans les roues, il y en avait pour tout le monde ! Les souvenirs du grand Guy sont intacts, et pour lui, les noms défilent dans sa tête, comme si aujourd'hui encore, ces fous de la bordure venaient lui passer un relais en tête d'un éventail fraîchement parti ! La plaine désarmée de maisons ou d'arbres, les changements de direction pour prendre une route à peine plus large qu'un guidon de vélo, les cris de ceux qui se sont fait piéger par une cassure, souvent provoquée par ces funambules machiavéliques.

                                                                

1980. Les classiques étaient nombreuses. Guy CRAZ au départ de l'une d'elle ...

 

Les adeptes de ces classiques et de la "Craz's attitude" se nommaient alors : Michel ZUCARELLI, Gérard AVIEGNE, Claude JOUINOT, Serge PLAUT, Pierre AUBERNON, Armand BONGIBAULT, Jean-François GUIBOREL, Sylvain DESFEUX, Pascal HERLEDAN, les frères GALLOPIN, les frères DE VIDO, Hervé MONTEIL, Alain MAS, Fabien DE VOOGHT, Bernard STOESSEL, Hervé DESRIAC, Roland HAMON, Joël ESPARGILLIERE, Loubé BLAGOJEVIC, Jean-Paul NION, Thierry PELOSO et j'en passe de nombreux autres. Tous ces coureurs appartenaient au comité d'Ile de France, à la saison des grands bals et d'une richesse naturelle à jamais disparue. US CRETEIL, CSM PUTEAUX, CSM PERSAN, AS VARENNES, CM AUBERVILLIERS, PEDALE VELIZIENNE, CM MORANGIS, AS CORBEIL, ASPTT PARIS, ACBB, UC LONGJUMEAU, ANTONY BERNY autant d'équipes de première catégorie dans la région francilienne, on croit rêver ! 

Guy Craz a flirté avec ce bonheur d'appartenir à une telle jouvence de qualité et de quantité à la fois. Lui, fut pour commencer un jeune coureur de talent, puisqu'il s'imposa au premier pas Dunlop (championnat régional junior de l'époque) en 1972, avant d'accélérer sa progression, l'emmenant jusqu'à remporter 12 victoires la même année en 1973, sous les couleurs de la pédale Combs-la-Villaise ! A partir de 1974, sa carrière de haut niveau amateur débuta gentiment sous les couleurs du SC Réveillon. Très vite remarqué pour son goût de l'attaque, par Mickey Wiegant, le sorcier de l'ACBB, qui l'invita à rejoindre son groupe de guerriers, de 75 à 77. Et puis, il trouva l'équilibre sportif en rejoignant Antony Berny Cycliste, sous la coupe de Claude Jacques, un autre monsieur du vélo parisien. De 78 jusqu'à 88, il sera fidèle au club des hauts de seine, sauf en 82 où l'US Créteil lui fit les yeux doux ! Le "grand" s'est envoyé l'air de rien Paris-Connerré 78, Paris-Reims 79, le GP de Pérenchies et le tour du Sausseron devant Stephen Roche (futur vainqueur du Giro et du Tour 87) en 80, le GP de Fourchambault 81 pour les plus importantes ... Ce sont également des places d'honneur à la pelle et la carrière d'un animateur faisant honneur à cette période magnifique pour le cyclisme francilien. Guy Craz a gardé l'œil vif et à 59 ans, a encore l'amour du vélo encré en lui.

Un hommage à ces années où les "parigaux" faisaient peur !

KEVIN LE CUNFF DU VTT A LA ROUTE

 

                                                      Début juin, lorsqu'il apparait dans le groupe de tête des derniers championnats d'Ile de France toutes caté au deuxième tour de circuit, on ne donne pas cher de la peau de Kévin LE CUNFF mais le petit gabarit des "Bleus de France" de Suresnes a l'air pourtant bien à l'aise dans l'ascension de Villeneuve sur bellot...L'impression est confirmée quand trois heures plus tard il franchit la ligne en 9ème position !

Kévin LE CUNFF dans son élément

Pourtant Kévin LE CUNFF n'est pas un spécialiste de la route, c'est un VTTiste pur qui a dans son escarcelle deux titres de champion d'Ile de France en cadets et en espoirs et même si son niveau dans les chemins escarpés est très bon, on ne s'attendait pas à pareille performance lors du championnat régional avec deux pros au départ et pas des moindres puisque Dimitri CHAMPION sera sacré champion de France quelques jours plus tard au nez et à la barbe des écuries "pro tour". Kévin a dû réfléchir le soir même en se disant que sans doute il y avait quelque chose à creuser dans le domaine "route" et que son addiction au VTT touchait peut-être à sa fin. En tous cas, il espère réussir une belle saison 2010 en 1ère catégorie...route, car une victoire et de nombreuses places d'honneur sont venues soutenir la thèse que ce garçon intelligent de 21 ans (il est né le 16 mars 1988 à Arpajon) avait sa place dans le giron des hommes de l'asphalte.

Il est bien loin le petit bonhomme qui courait à pied jusqu'à l'age de 10 ans avec une licence d'athlétisme dans son sac. Il est bien loin le gamin de 15 ans qui n'aimait pas le cyclisme sur route lorsqu'il décida de s'y essayer à l'AS Corbeil-Essonnes en cadet. Aujourd'hui Kévin LE CUNFF a pris conscience qu'il fallait faire une saison pour voir et pour savoir si cette impression qu'il a laissé du côté de Villeneuve sur Bellot n'était pas seulement une vérité à confirmer, celle qu'il a de l'avenir dans sa nouvelle discipline. La langue française est subtile car aujourd'hui ou plutôt en 2010 la croisée des chemins pour Kévin LE CUNFF sera sur la route !

BONNE CHANCE KEVIN.


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