POESIE EVANESCENTE

J'ai beau essayer de m'améliorer, je ne trouve pas de sens à l'évanescence. Petit à petit, la peur grandit au fur et à mesure que l'illusion s'amoindrit. Il suffirait peut-être de sourire pour ne plus croire au pire, mais un sourire, c'est tellement plus facile à écrire qu'à transcrire. Les jeux de mots ne sont qu'un artifice pour cacher tous les vices d'une pensée qui dévisse. Je n'ai plus envie de silence. Le hurlement peut aussi s'habiller de soulagement. J'ai relu entièrement la notice des sentiments. Je ne me suis pas trompé, enfin je crois. Aimer c'est bel et bien partager ! Malheureusement on ne partage pas toujours ... Le passé est assassin.

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La colère d'une nuit de sueur. La froideur d'un lit sans amour. L'éblouissement d'un volet qui s'entrouvre. Autant de revers d'une solitude renouvelée. Les jours anodins. Les folies spontanées. Le soleil, qui perce à peine derrière le rideau de lune. Les étranges bruits de mes pas sur la boue. Et puis cette façon si différente d'ouvrir les yeux en constatant le vide d'une absence bien présente. Jeux de maux infinis. L'habitude qui reviendra. La beauté transpirante de la vie, celle qui rassure. Des paysages. Des bords de l'eau. Des glaçons qui tombent au fond d'un verre. Des petites phrases qui suffoquent au fond d'un vers. D'une rime intime. La campagne pleureuse sous la pluie, et rieuse sous le bleu. Le besoin de chaleur. Le manque figé par une boule au ventre. La vie qui déroule son tapis sans se soucier de nous. Evanescence poétiquement correcte. Le chant d'un oiseau égaré sous le vent. Je suis un oiseau. je chante. J'écris comme j'en ai envie, que ça plaise ou non. Poétiquement ou pas. J'entends le bruit de ses pas. Cette mauvaise blague venue du bout de mes rêves. Innocents nous sommes. Un geste d'amertume comme l'index sur un cil. Un goût de printemps sans fleur. Un soleil qui décline sa "jaunesse". L'ombre me fait de l'ombre. J'ai besoin de lumière. Dehors, un jeune chat a pris place sur le toit. Il me regarde fixement. C'est curieux, j'ai l'impression qu'il me connaît !

Ce matin, pour me consoler, j'eusse aimé voir la mer valser. Je suis debout, c'est déjà ça ... 

 

L'HOMMAGE D'UN GOSSE
 
 
 
C’est l’histoire d’un gamin de 4 ans qui aimait la musique plus que tout au monde. Ce n’est pas toujours évident de réaliser ses rêves, surtout quand le budget de sa famille est compté jusqu’au dernier denier. Yoni a rencontré la bonne personne, au hasard d’errements de trottoir, deux ans plus tard. Il croisa Lilo, un poète de son quartier. Un bon samaritain ivre de sensations nouvelles. Lilo, le voleur de voiture, l’emmena toucher les étoiles en lui permettant de caresser les cordes d’un bel instrument dormant dans son grenier. Cet homme de cœur lui offrit même ce violon magnifique qui appartenait pourtant à son père. Puis, voyant que l’enfant était tout aussi assidu que perdu, il lui offrit des cours chez un vieux professeur. Pendant des mois, chaque jour, il s’appliqua à écouter Paquito, le renard des notes aux cheveux de neige. Il prit tout ce qu’il put prendre. Chaque jour il progressait.
Pendant des mois et des mois il travailla comme un forcené. Mais Paquito disparut avant de lui avoir transmis l’ensemble de son savoir. La fin de son job de tendre bénévole auprès du jeune africain arriva trop tôt.
Alors, pendant quatre jours et quatre nuits. A s’en faire saigner les doigts. Il joua, joua, et joua encore, la première mélodie que Paquito lui fit apprendre quelques mois auparavant. Le jour de l’enterrement de son vieux complice, Yoni débarqua avec quelques amis. Chacun tenait un violon dans la main. Le jeune instigateur de cette action de cœur donna le ton. Malgré ses larmes, il se mit à réciter à la note juste cette fameuse première mélodie. Pas la moindre erreur. Avec un feeling d’artiste écorché vif. Comme pour prouver qu’il avait eu un excellent professeur.
Ce fut le plus bel hommage qu’il pouvait lui rendre. Jouer pour lui sous le regard fier et humide de Lilo, le poète voleur de voiture.

LA POSOLOGIE DES MOTS

 

L’art de doser pour tenter de guérir. Guérir d’un mal obscur. Ne jamais oublier que cela pourrait être pire. Le médicament en question ? Des mots posés sur une page blanche, comme ça, pour une libération partielle et momentanée. Pas vraiment une guérison donc, mais plutôt une façon honorable de détourner une vérité obsédante. Un tourbillon de mots, pour éviter d’entrer dans un tourbillon de maux. 

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 Des gestes incohérents parfois, mais que l’on se surprend à faire quand même. Des histoires sans relief souvent, mais que l’on imagine exceptionnelle. Ma force de vivre. Aligner des phrases belles ou pas. Farfelues ou pas. Mais toujours instantanées et maculées de blessures, d’écorchures, de douleurs venant de si loin, venant du tréfonds de nous. Chercher sans le chercher, le bon alignement, la jolie lettre en forme de vie, en forme de rire, en forme de toi. Trouver la solution inavouable. Percuter un mur d’incompréhension. Jeter en l’air deux dés, et s’attendre au double six. Ecrire en mode de survie. Sentir un parfum s’enfuir. Constater que la suite d’un joli conte peut devenir un règlement de comptes. Triste ou dérisoire. Obligé ou obligatoire. Le fin mot n’est pas toujours aussi fin que ça. Il reste des routes à croiser. Il reste des regards à supporter. Il y a au bout de ma plume, une envie folle de résister à tous les vents.

Même dans la tourmente, il me semble qu’un flux d’encre peut m’empêcher de jeter l’ancre. Mon navire ne tient qu’à un mot. Il tangue vers le large. Ce mot, je le tiens au creux de ma main gauche, celle du cœur. Je le serre très fort. La posologie des mots, c’est juste l’illusion de ne pas écrire le mot de trop. J’entends un arpège dans mon esprit. J’entends une voix qui me chante de ne plus écrire, mais je ne pourrais plus jamais m’en passer. Quelques accords de guitare pour me donner de la patience, de l’envie, mais là, sur la petite table en bois, un stylo et une feuille de papier me narguent. Alors, j’écris encore ...

LE VILLAGE D'ADIEU

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NOYERS SUR SEREIN 

Un village du moyen âge au XXIème siècle. Une route aux pavés arrondis en plein milieu des commerces. Une journée ensoleillée, avec à mon bras, une femme que je regrette chaque instant. Il faisait si beau ce jour-là. Dans le ciel comme dans ma tête. Ce sera donc mon dernier souvenir avec elle, puisque rien ne dure jamais. A la terrasse d'un café donnant sur les passants, j'étais là, heureux de vivre, heureux de la retrouver enfin, avant que l'été ne se meure. Depuis, mon univers a beaucoup changé. Je suis devenu un écrivain à la plume fragile. Depuis, nous avons oublié le principal. S'aimer était sans doute bien plus important que tout le reste ! Plus important que des errements contextuels. Plus important qu'une fausse tromperie. Il y eut trop de dérives infondées. Il y eut trop de soupçons inutiles. Tellement d'incompréhension. Tellement de non-dit. Tellement de suppositions et de virtualités confondues, pour en arriver à cette ultime bouffée d'air frais, sous le charme de Noyers sur Serein. A notre retour, nous fîmes un arrêt sommeil en plein air. Dans ses bras, ceux que je réclame, aux odeurs de mon désir, j'étais sur un nuage.

Et tant de souvenirs sucrés ! Le village de Colette, à St Sauveur en Puisaye. Le bord de l'eau, celui de mon enfance, où nous faillîmes faire l'amour. Des silences si beaux à entendre. Des moments de rien qui faisaient tout. Des regrets. Des déchirements. Des illusions perdues.

Je commence seulement à comprendre mon impuissance. Le manque, c'est une sorte de vide au creux de mon ventre. Se mentir à soi même en se disant que ça ira mieux demain. Se dire que de toute façon elle a déjà oublié. Se dire que je ne pourrais plus jamais la persuader qu'elle s'est trompée ...

Ironie du sort, Noyers sur Serein, c'est ma terre, mon sang.