AU BAR DES GROS CONS

 

Dans une grande ville que je ne connaissais pas, j'entre dans un bar vers minuit, avec une amie. Je m'installe à une table, légèrement à l'écart du noyau des noctambules locaux, mais pas trop loin, afin de pouvoir entendre les conversations dont je raffole. Je ne regrette pas de m'être arrêté, j'ai rencontré là, l'un des plus beaux enfoirés de l'héxagone. Un monsieur d'une soixantaine d'année qui venait de se garer avec une mercédès énorme, dit à son voisin :"Je viens de voir un pauvre mec qui faisait la manche dans la petite rue d'à côté. Je me demande jusqu'où ça va aller. On va être obligé de faire le ménage nous même si ça continue ..." J'ai attendu que ce gros con dise haut et fort qu'il plaisantait, mais j'attends toujours. En discutant avec un jeune homme qui ne semblait pas le porter dans son coeur, j'apprends que le gros con en question, n'a jamais bossé de sa vie. Chanceux, au fil d'une journée aussi vide que ses journées habituelles, il a coché les 6 bons numéros du loto ! Avant celà, il avait hérité du travail de ses parents, décédés assez jeunes. Il se croit tout simplement important, en tous cas plus important que tous ceux qu'il daigne croiser ! En sortant de ce bar, je n'ai pas pû m'empêcher de lui poser cette question :"Le type dans la petite rue, il vous dérange vraiment ?"  Sa réponse: "Je ne comprends pas les gens qui se laissent aller comme ça !" Je lui explique: "Et bien c'est très simple. Pour se laisser aller comme lui, il suffit d'être comme vous, sans parents et sans loto ! " Le gros con persiste dans son rôle et devient agressif, mais pas envers moi, envers son pote qui se moquait de lui avec un réel plaisir ! Alors, par solidarité pour son "copain", j'ai cessé de l'importuner et en partant je lui ai juste offert une petite gifle contrôlée. Rapidement, Il a rendu la gifle ...à son pote ! C'est pas du gros con çà !!! Heureusement, son copain, probablement véxé, lui a administré une droite digne d'un championnat du monde de boxe entre Mohamed Ali et Georges Foreman. Le copain me fait un clin d'oeil  et m'invite à boire un verre que j'accepte volontiers. Le gros con reprend ses esprits et en s'asseyant sur la première chaise venue, il dit : "Je vais appeler les flics !" A priori c'était déjà fait, puisque au même moment les képis sont sur le coup ! Voilà comment en s'arrêtant boire un verre avec une amie (et plus si affinités), je me suis retrouvé au violon, alors que j'adore la guitare. Je vous souhaite de vivre de pareils instants, j'en ai pleuré de rire avec mon amie avec laquelle il y eut finalement affinités ...

LEA (extrait d'une chanson)

                                  

   

   Léa se fond dans la douceur de la lumière du jour, elle a fermé une fois encore les portes à l'amour.

  Je hais les hommes qu'elle abandonne surtout quand ils n'en veulent à personne.  

  Léa regarde devant elle sans jamais se soucier, de tous les sangs de toutes les veines qu'elle aurait pû glacer ...

 Je hais ses traces si efficaces pour voiler mon espace, Léa se coiffe, Léa se "strasse" et puis sourit, Léa s'en fout, Léa s'enfuit.

 Léa se moque de tout ce qui lui nuit, de tout ce qui l'ennuie, Léa sait bien que rien ne lui suffit, que rien ne s'oublie, pas même lui ...

 

ENTRE DEUX MURS DE SILENCE

 

 Même si depuis quelques semaines je m'attendais à la fin, je gardais au fond de moi un espoir comme une petite flamme qui s'est éteinte avec toi.

                                                                                      Je suis cloîtré entre deux murs de silence.

                                                          Je suis dévasté par une nuit noire et opaque, c'est fini et je n'y peux rien.

                                                                                 

 

  Je n'oublierai pas l'amour et la complicité qui nourissaient nos vies, ni tes éclats de rire qui résonnent encore dans mes pensées.

                              Je n'oublierai rien, tu vas me manquer terriblement.

Je dois continuer malgré tout parce que c'est la règle, parce que je ne suis qu'un homme...pourtant aujourd'hui je me sens fragile comme un enfant.

 

 

                                                      ADIEU

 

 

NAISSANCE OU RENAISSANCE

Et la lumière fut !

Je me sens sale, coloré, gluant, issu d'un couloir humide et vivifiant.

Je me sens mort et vivant à la fois, je me sens d'eau et de sang, d'air et de feu, je me sens l'ombre d'où je viens, comme les autres sans doute... mais qui sont ces autres ?

On me coupe, on me lave, on m'essuie, on m'écoute chanter et hurler en souriant, on m'écoute pleurer de surprise et je me dis que mon nouvel univers est bruyant, trop peut-être, bien plus en tous cas que le précédent.

Je suis là sur le dos, les jambes en l'air, je contemple ébahi ceux qui me regardent fixement, je me sens attendu désiré mais un peu gênant, comme l'espace vide que je n'ai pas su combler.

Les conversations sont faciles à décripter, "gue", "gua", "beu", "ba", "bou" et j'en passe mais pas des meilleures...Autour de mon lit les amis de maman, des gens qui se sont arrêtés en voyant de la lumière et probablement aussi quelques "faux amis" venus me voir en espèrant qu'il me manque un bras, une oreille ou que sais-je encore.

La force est en moi, j'ai la santé de mon père, je suis un roc fragile comme un papillon prêt à se brûler les ailes à la moindre entorse, je suis un géant doux comme la soie et généreux comme le besoin...Je suis un bébé éprouvé, surdoué, je vois déjà le monde surdimensionné, je me laisse porter par tant de bras, lècher par tant de bouches, je suis déjà fatigué par la suffisance de l'être humain.

Tous s'agglutinent sur mon petit corps dénudé, je n'ai pas honte d'être présent mais je ne suis pas fier non plus.Que dois-je prouver et à qui ? Je ne suis qu'un nain merveilleux, un échantillon de vie !

Je surprend des regards, je vois des couples de hasard, je balbutie ... mais je suis.

Si j'avais su ce que je sais...


<< Début < Préc 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Suivant > Fin >>


Page 10 de 10