UN COUP DE FIL IMAGINAIRE

(Extrait de "Writting blues)

 

Ah c'est vous  ?

Je me souviens bien, ca fait au moins 20 ans non ? Je revois vos yeux pétillants, votre fossette à tomber par terre, vos gestes si féminins.

Je sais que vous m'avez oublié, mais ce n'est pas grave, un souvenir c'est déjà si fort !

Maintenant que j'y pense, je suis un peu déçu de ne plus vous connaitre. Vous m'aviez séduit sans le savoir, et certainement sans le vouloir. Puisque le temps nous a laissé suivre des chemins éloignés, je n'ai pas le droit de rêver de vous, mais je m'en fous, je rêve de vous ! 

centre d'appel

 Un jour, j'irai sur les lieux de nos si fragiles partages, pour revoir des images qui ne me reviennent que parcimonieusement.

Il va sans dire que je vous laisserai un petit mot caché, peut-être enfoui sous la terre, et le moment venu je vous guiderai vers son refuge. Vous êtes un morceau de ciel, une écume sucrée, et une illusion claire comme le torrent de la postérité.

Et si les endroits qui nous ont vu autrefois se rappelaient de nous ?

Je sais que le retour à des troubles lointains est douloureux, mais moi ça me fait du bien de vous imaginer sourire à nouveau.

Il n' y a que des cris d'amour au fond de ma mémoire, des cris assourdissants en écho d'émotions aveuglantes.

J'ai des frissons sur les avant bras en entendant votre voix, même si je sais que la ligne est virtuelle. Vous me semblez si jolie, là bas, dans votre tanière du temps passé, repeinte à la hâte par ma faute. Vous êtes un beau tableau, ceux d'aujourd'hui sont pâles comme un manque de vécu. 

Je vous laisse raccrocher, parce que je n'oserai pas le faire, vous m'intimidez encore, malgré votre absence.

Merci, c'était si bon de vous parler ... 

LA NUIT D'AMOUR

Image du Blog aujardindesroses.centerblog.net

Tu es encore toute chaude sous le drap fripé. 

L'horizon s'est bouché, torturé de nous avoir attendu au bout de ce lit de hasard. Je respire à petits flots, en te regardant sourire. Tu contemples le plafond, pendant que les murs pensent pour nous.

Il y a bien cette idée de revivre immédiatement la même scène qui m'accapare, mais les forces nous trahissent, la nuit voyeuse devra patienter un peu.

Notre vision présente, c'est juste le souvenir récent de nos cris accompagnant la sueur sur des épidermes tremblants. Des regards froissés par la douleur du plaisir surpris et imprécis. Une tempête incontrôlable, une pulsion durable comme un bruit fragile. Nous étions des complices étonnés. Nous étions une émotion partagée.

Nous étions un secret bien gardé.

Tes jambes sensuellement écartées donnent de l'air à l'amour reçu comme un uppercut. Ta main droite posée sur ton sein droit caresse ta peau humide et rebelle. Ta chevelure rousse offre un tapis de douceur à ta tête, posée délicatement sur des boucles incertaines. Ton pied gauche a élu domicile sur ton genou droit.

Ta pâleur me susurre la beauté de l'acte, la souffrance pernicieuse de l'après, les images de la vie, l'excitation endormie. L'ombre est là, juste derrière toi, comme pour contraster avec la lumière d'un moment magique. 

Une nuit d'amour, c'est tout ça à la fois ... 

MA PROMO

 

 Un premier roman photographié par Pascale, que je remercie pour ça !

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-Sur le site de mon éditeur : - Editions Amalthée    - sur le site de la FNAC    - sur le site  AMAZON

*Pour les commandes, il faut taper le début du titre "des noc" et laissez-vous guider.

 

En 2011, un matin, je me suis levé usé par une nuit de pirate réfractaire, et je me suis mis à écrire un roman !

Depuis l'age de 14 ans que je remplissais des pages, il était l'heure de passer à cette étape un peu plus "glorieuse". Des petites histoires, des articles, des chansons additionnées ou pas d'une mélodie tracée sur ma guitare, des phrases multi facettes griffonnées sur une nappe en papier au restaurant, toutes ces choses m'ont amené à publier 396 pages d'une imagerie inventée à 95%. Pour dix manuscrits envoyés, 8 contrat reçus ! Surprenant, mais sympa de se sentir compris ! Même si tous les lecteurs n'y trouveront pas le plaisir que j'ai eu à l'écrire, je revendique le fait que cette histoire peut plaire à beaucoup d'humains. D'ailleurs, les retours sont excellents, y compris venant de certains personnages noyés dans diverses professions de l'écriture, c'est flatteur ! Je ne m'arrêterai pas là, puisque le second est en marche, il sera fini avant la fin de l'année et sortira en 2014 ...

                                                SYNOPSIS 

"Des noctambules presque ordinaires": C'est l'histoire de quatre jeunes hommes d'une vingtaine d'années à la recherche de leur vérité. Au fil des rencontres, des chemins inattendus se présentent à eux. Leur amitié est mise à rude épreuve. Face aux doutes de chacun, à des situations parfois surprenantes, les amis vont se battre jusqu'au bout. Des rêves, des rires, des larmes, des amours improbables, vont momentanément soulager des douleurs visibles ou non. La sexualité est une autre façon de s'évader, les sentiments sont gênants ... A 20 ans passés, les personnages s'enlisent et cherchent une solution pour s'en sortir sans dommage. Ces quatre garçons sortiront différents de cette période, mais tous n'auront pas la chance de posséder un avenir brillant. Juste une réflexion sur le passé, une vraie liberté de penser ...

J'ai le sentiment que rien d'autre qu'écrire ne me soulagera autant. 52 piges, ça peut aller, c'est déjà plus facile de sourire que de rire, mais ça m'arrive encore assez souvent. Ma philosophie de la vie n'a pas beaucoup d'adeptes, pourtant je l'aime cette philosophie là ! En voici quelques exemples : - L'envie de vivre simplement, être sérieux sans jamais se prendre au sérieux. - Comprendre que les vrais amis sont importants. - Prendre un maximum de plaisir parce que le reste n'est que futilité. - Oublier d'être un connard le plus souvent possible. Ne pas faire état de ceux qui se prennent pour des indispensables ...  Un bon début pour ceux qui cherchent leur voie, bon courage !

 

COLIN LE CLOCHARD

(Une petite histoire à mettre dans la rubrique "liste noire")  

Salut les êtres normaux !

J'ai 60 ans. Je suis accoudé sur la rampe d'un balcon de hasard.

Dépression.  Banque d'images - 4751986

 Je contemple l'horizon d'une banlieue sale. Je fixe la lune qui me répond par un trait de lumière furtif et imaginaire. Je suis à fleur de peau, mais je ne vais pas si mal que ça.

J'eusse aimé que l'on m'invite dans une propriété à la campagne. On ne choisit pas sa famille, seulement ses amis, mais quand on a rien, les amis ne se bousculent pas. La vie nous offre souvent les mêmes pièges qu'elle a partagés avec nos ancêtres. Je n'ai pas su les éviter. A quoi bon lutter contre la nuit. A quoi bon rêver d'une autre route, puisque ma trace est déjà devant mes pas. C'est une évidence, un complot entre ma sagesse et mes errances fatales.

J'ai 60 piges, pourtant j'ai le sentiment d'en avoir moins de la moitié. Je jette un œil en contre bas, sans doute qu'un jour je me poserai la question de savoir si je dois enjamber la rambarde. Pour l'instant je reste optimiste. La raison l'emporte encore sur la folie ... Chaque jour je suis dans la rue, et le week-end, ma frangine adorée m'offre l'hospitalité. Colin c'est un joli prénom non ? Sans doute une connerie de plus de mon père, qui attendait le "32 février" pour dessaouler ! Ah non, peut-être est-ce son amour du poisson qui le décida à me faire ce cadeau. Colin ou pas, je dois mordre à pleines dents dans les morceaux du gâteau plutôt bon marché, que l'on daigne me laisser. Je vois bien que mon beau frère me regarde avec compassion, je l'ai repéré dans le reflet de la glace. Je sais pertinemment que si l'on se retourne sur moi quand je marche sur un trottoir, c'est pour chercher la confirmation que je suis effectivement habillé comme l'as de pic. Et si j'enfilais un costard cravate avec une chemise blanche et des souliers vernis, juste pour voir si la gueule des gens a changé ? 

 

Mais non, je m'en fous de tous ces terriens. Je veux simplement marcher encore un peu, si je ne souffre pas plus que ça. Je ne suis qu'un clodo, comme disent les hommes et les femmes de cette planète de tarés. Je ne sais pas pourquoi, mais je crois toujours au miracle.

Certes il y a la distribution de millions d'euros dans les fouilles de gamins tapant dans un ballon, alors qu'à quelques mètres du stade, des collègues usés pas leur vie de merde, à la recherche d'une demi baguette, d'un "clakos" ou d'une boutanche de rouge qui tache, se font railler par des spectateurs repus et injurieux. Tous les samedis, Lydie ma petite sœur, me redonne envie de continuer. J'aimerais tellement voir dans son regard autre chose que de l'inquiétude lorsqu'elle me voit repartir les dimanches soirs, cachée derrière ses rideaux salis.

Monde de fous, monde de haine, monde d'injustice, y a t-il encore une place pour moi ? Lydie me jure que oui. Pour elle et ses 30 ans, je veux oublier le pire. Ces moments où la mort a caressé mes os, ou le sang a coulé sur ma peau. Les agressions sont légion la nuit, dans les rues, les parcs, et tous les endroits que la lumière abandonne. Quand je quitte la "civilisation" des HLM, je ne sais jamais si je vais revenir. Les temps sont de plus en plus durs, de plus en plus incertains, Lydie le sait bien, mais elle a tant de forces à me distiller.

Un jour, je déciderai de mon choix final. A moins que le secret des dieux ne choisisse à ma place. Enfin, je dois profiter de ce moment, la lune m'ouvre la voie, et je ne pars que demain.

Pourvu que je résiste à mes imaginations obscures ...

Je ne suis pas un clodo, je suis un homme ...

QUELQUES MOTS FOUS

(texte original- tiré de "L'incorrigible") 

J'ai passé toute la nuit à me chiffonner.

Mes amis sont partis, ils m'ont abandonné au coin d'une rue. Même si cette rue est la mienne, je ne retrouve plus ma porte. Peut-être que quelqu'un, ébloui par un talent soudain, s'est décidé à repeindre l'entrée des artistes. Combien d'intermittents et intermittentes du spectacle sont passés par là ? Pourtant, je ne sais pas quel est l'endroit exact, ni quelle serrure m'accordera un tour de clé même imprécis. Tant pis, je vais passer et repasser encore, afin qu'une lueur jaillisse d'un de mes yeux, ou peut-être des deux !

Celle là ? Non elle est trop verte ! Celle ci ? Non, elle trop molle ! 

 

 

Et puis, un cri, un appel lointain.
Je me gave avec quelques petites madeleines récupérées sur une table avant de monter dans la voiture du vieux Toto. Ma concentration se force à voir un petit bonhomme de l'autre côté de la street. Il est comme la mer et les vagues imaginaires sous le toit de la maison du fond. Il me semble que le nabot me tend un trousseau !
Ah, c'est Passe partout du fort boyard ! Mon héros de minuit, euhh il est 4 h du mat en fait, pas grave, on s'en fout non ? 
En le voyant s'approcher je me rends compte qu'il grandit. Il a mis un képi le mec, comme les policiers dans les films ! Son accoutrement est tellement copié qu'il va jusqu'à se saisir d'un sifflet !
Voilà, il est juste là, c'est un vrai flic je crois ! -Vous faites quoi à cette heure ci dans les rues ? Vous n'auriez pas perdu vos clés par hasard ? 
Je reconnais l'anneau de mon alliance autour de la kee ! Je récupère l'objet et "Passe partout" me dit : - Rentrez chez vous maintenant !
C'est bien sympa, mais je ne sais toujours pas ou c'est chez moi ! -OK ! 
 Il me regarde partir, alors j'ouvre la première porte qui vient, au hasard. Je suis veinard, pas besoin de clé ! La seule chose que je sais, c'est que je ne suis pas chez moi. Ou alors, je ne reconnais pas le salon ! Petit à petit, je prends de l'assurance, puis je m'installe dans un grand fauteuil en cuir noir. Dans un silence total, je me lève d'un coup, comme attiré par un but inéluctable. Je fouille dans le bar,  d'où un whisky de 12 ans d'âge me fait les yeux doux. Bien servi, le glaçon capturé dans la cuisine juste à côté, respectant le sommeil des braves gens qui m'ont offert à boire sans le savoir, je déguste ce nectar. Pour faire honneur à la qualité du produit j'en avale un second, plus rapidement, puisque j'entends des pas ! Une gosse bien roulée descend avec ses chaussures à la main. Elle sort sans me voir, ouf ! Je patiente un peu, puis je m'en vais à mon tour. Je m'assois sur un banc, juste en face, je viens de comprendre que je n'étais pas dans la bonne rue ! J'ai tout de même passé une bonne nuit, c'est le principal. Je m'endors du sommeil de l'inconscient. Je suis incorrigible comme dirait mes amis ...

 






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